Vers un durcissement des seuils d’émission avec la commission Environnement ?

Les nouvelles technologies ne laissent plus personne indifférent. Ce qui était gadget ou accessoire, est devenu progressivement un nouveau mode de vie, de pensée et de modèle économique… sans oublier les conséquences politiques. Le 10 septembre les parlementaires européens voteront un nouveau rapport de la commission Environnement. Quels sont les enjeux et les forces en présence ?

par Olivier Grouse 11 Sep 2018 17:30

L’objectif de ce nouveau rapport de la commission Environnement est de confirmer et même de durcir les seuils d’émissions. Présenté et voté en novembre 2017, ce « paquet mobilité » imposait une réduction de 30% des rejets de véhicules d’ici à 2030 (comparé à 2021), avec une réduction à moyen terme de 15% en 2025. Bruxelles défend ses propres intérêts. L’Europe se doit de protéger sa population des nuisances de la pollution et des changements climatiques. Tous les pays européens ont aussi beaucoup à gagner en devenant plus indépendants au niveau énergétique par rapport aux pays du Moyen Orient. Les économies potentielles sont énormes, estimées à 50 milliards d’euros.

Photo: acea.be
Photo: acea.be

Mais Bruxelles doit aussi négocier avec les défenseurs de l’environnement (les ONG et les verts) et les constructeurs. La commission européenne se retrouve dans une position délicate de médiateur, dont elle ne peut pas sortir victorieuse, tout au plus non-perdante. Le 10 septembre, les mêmes forces en présence se retrouveront pour discuter d’une réduction encore plus drastique de 50 % des émissions de CO2 des voitures particulières et des utilitaires légers en 2030 et des quotas encore plus contraignants pour la production de véhicules propres. Cette proposition est bien sur soutenue par les ONG et les verts, qui ont pour mission de défendre la planète, l’environnement et la population à tout prix.

Photo: acea.be
Photo: acea.be

De leur côté, les constructeurs, regroupés au sein de l’Association des Constructeurs Automobiles Européens, l’ACEA, menée par Carlos Tavares, Président de PSA, s’opposent à ce durcissement des réductions et des obligations. Ils demandent des assouplissements et des aménagements. Leurs arguments sont basés sur des craintes économiques et sociales, telles que des licenciements en masse chez les constructeurs et les équipementiers. Les fabricants de voitures montrent peu d’enthousiasme pour le tout électrique. Les nouvelles technologies sont peut-être plus compliquées dans le domaine électronique, mais beaucoup plus simple au point de vue mécanique. Les conséquences sont évidentes. Les constructeurs peuvent s’attendre à un transfert des besoins de main d’œuvre, ainsi qu’à des baisses de revenus et de profits évidents.

Photo: acea.be
Photo: acea.be

Dans tous les cas, les discussions entre la Commission européenne, les lobbies des constructeurs et les verts seront tendues, et le résultat du vote s’annonce serré. La position des syndicats européens et de l’opinion publique sera critique. A suivre aussi la discussion et le vote sur le financement des infrastructures pour les carburants alternatifs.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.