Test de la Hyundai Kona electric : Que vaut le premier SUV compact 100 % électrique ?

À peine lancé, tous les exemplaires du Kona Electric de Hyundai ont trouvé preneur. Et désormais il faut compter plusieurs mois d'attente. Cet engouement pour le premier SUV compact 100 % électrique est-il justifié ?

par Maxime Fontanier 05 Nov 2018 10:00

À peine arrivés, les 600 premiers exemplaires du Kona electric destinés au marché français ont été vendus alors que le constructeur comptait les écouler sur un trimestre. Il faut donc déjà se manifester pour obtenir l’un des 2000 exemplaires commandés pour 2019 et patienter environ 6 mois. C’est long mais toujours moins qu’une Tesla Model 3 que certains attendent depuis 2 ans ! Le Kona électric se décline en deux versions. L’entrée de gamme dotée d’un moteur de 136 ch avec un pack de batteries de 39 kWh est accessible à partir de 32 400 € (bonus de 6000 € inclus). Mais c’est la version haut de gamme de 204 ch et 64 kWh dans sa déclinaison Executive qui représente 90% de la demande. L’occasion pour nous d’en prendre le volant.

8/10

Hyundai Kona electric 64 kWh

Un SUV compact 100 % électrique très abouti

à partir de 42 400 € (hors bonus de 6000 €)  
On aime
  • Les performances et l’autonomie remarquables
  • La tenue de route et l’agrément de conduite
  • Le coût d’utilisation réduit et les avantages fiscaux
  • L’équipement généreux et moderne
On n'aime pas
  • La motricité limitée du train avant
  • Les bruits de roulement marqués
  • Les plastiques rigides du mobilier
  • L'absence de chargeur rapide dans le réseau Hyundai
Verdict

Alors que Tesla ne sortira pas son SUV compact avant 2020, Hyundai parvient à proposer un modèle très abouti dès aujourd’hui. Si le tarif du Kona electric peut sembler élevé pour un « petit » SUV, il est justifié par l’agrément de conduite, les performances et le coût d’utilisation réduit. À cela s’ajoute la garantie 5 ans kilométrage illimité. Ne manque qu’un réseau de charge rapide dans les concessions Hyundai pour lui ouvrir de nouveaux horizons.

Moteur Synchrone à aimants permanents
Puissance 150 kW (204 ch)
Couple 395 Nm
Vitesse maxi 167 km/h
Poids 1760 kg
Capacité de la batterie 64 kWh
Autonomie constatée Entre 350 et 500 km
Prix à partir de 42 400 € (hors bonus de 6000 €)
Fiche technique

6 raisons de craquer (ou pas) pour le Hyundai Kona electric

Oui, pour ses performances et son autonomie remarquables

Avec son moteur électrique de 204 ch pour 395 Nm de couple, le Kona electric abat le 0 à 100 km/h en 7,6 s soit un temps comparable à celui d’une Audi Q2 2.0 TDI de 190 ch avec la transmission quattro (7,3 s). Pourtant le SUV coréen ne dispose que de deux roues avant motrices avec des pneus à faible résistance au roulement, peu favorables à ce genre d’exercice. La vitesse de pointe bridée à 167 km/h s’atteint très facilement et suffit amplement pour un petit SUV.

Le Kona a surtout l’avantage d’offrir une poussée continue et une réactivité fantastique. Une fois lancé, le couple disponible immédiatement assure des relances éclairs pour doubler sans le moindre effort. Les quatre modes de conduite proposés (Eco+, Eco, Comfort, Sport) modifient la réponse de l’accélérateur et la force du frein moteur. Il est également possible d’intervenir manuellement sur la force du frein moteur régénératif en utilisant les palettes au volant. L’autonomie annoncée de 482 km (normes WLTP) est proche de la réalité. Sur autoroute à 130 km/h, il faudra plutôt prévoir 350 km mais il est possible de dépasser les 500 km en usage purement urbain sur le mode Eco+ bridé à 90 km/h. Rassurez vous, une forte pression sur l’accélérateur coupe la bride en cas d’urgence.

Batteries dans le plancher, suspensions bien calibrées et accélérations éclairs : Le Kona électrique tient le pavé.
Batteries dans le plancher, suspensions bien calibrées et accélérations éclairs : Le Kona électrique tient le pavé.

Non, pour sa motricité et son insonorisation limitées

Doté de pneus économiques à faible résistance au roulement, le Kona peine à exploiter pleinement son couple notamment sur chaussée glissante. Lorsque les roues avant motrices sont braquées, l’antipatinage doit intervenir rapidement pour éviter de perdre le contrôle. Comme avec la majorité des SUV urbains, il ne faudra pas non plus s’aventurer sur des chemins trop escarpés car la garde au sol n’est pas très élevée et les suspensions vouées à un usage routier.

La direction assistée très légère est agréable en usage urbain mais elle s’allège vite à l’accélération et manque de rappel. Elle manque aussi de progressivité dans l’effort quand le rythme s’intensifie. Cela dit ces petits défauts se font surtout ressentir lorsqu’on force le rythme sur une route sinueuse, sans franchement perturber l’utilisation au quotidien. On se prend tout de même à rêver d’une version sportive avec des pneus plus accrocheurs, des freins plus puissants et un contrôle de motricité plus efficace. Il serait aussi souhaitable d’avoir davantage d’éléments insonorisant dans le plancher et les passages de roue afin de réduire les bruits de roulement très marqués…. et amplifiés par l’absence de bruits mécaniques.

Le design spécifique de la face avant est bien plus dynamique et élégant que celui du Kona thermique.
Le design spécifique de la face avant est bien plus dynamique et élégant que celui du Kona thermique.

Oui, pour sa tenue de route et son confort très corrects

Avec 1760 kilos sur la balance, le Kona electric figure parmi les poids lourds de la catégorie des SUV compacts. Pourtant c’est sans doute le Kona le plus dynamique de la gamme. Malgré des suspensions assouplies par rapport aux versions thermiques de Hyundai, le Kona électrique prend peu de roulis et offre un comportement très agile pour un SUV urbain. Même en forçant sur le volant, le train avant n’élargit pas trop vite sa trajectoire et pivote gentiment lorsqu’on lève le pied en appui. Cette neutralité du comportement s’explique par une excellente répartition des masses. Le petit moteur électrique pèse peu sur le train avant, et le poids des batteries est bien réparti dans le plancher donc au plus près du sol. Le confort des suspensions nous a semblé supérieur à celui des Kona thermiques relativement fermes.

Une ambiance un peu triste avec des plastiques durs mais des commandes évidentes et de nombreux rangements.
Une ambiance un peu triste avec des plastiques durs mais des commandes évidentes et de nombreux rangements.

Non, pour sa présentation banale et son coffre un peu court

Ces dix dernières années, l’ensemble de la gamme Hyundai a fait des progrès considérables en matière de finition. Le Kona offre d’ailleurs un sentiment de robustesse appréciable avec des ajustages précis. Mais à plus de 35 000 €, le Kona electric vient jouer dans la cour des SUV urbains de marques premium type Audi Q2 ou BMW X2. Et à ce niveau de prix, le mobilier se doit d’être composé de matériaux rembourrés. Or le Kona se pare quasi exclusivement de plastiques rigides et glissants. Si les sièges électriques sont assez confortables, ils manquent de maintien et se contentent d’un revêtement en cuir partiel (dossier et assise).

Côté habitabilité, le Kona figure dans la bonne moyenne de la catégorie des SUV urbains mais demeure un peu juste pour un usage familial. Sur la version électrique, le plancher est légèrement rehaussé (4 mm) et le coffre affiche 332 litres soit 29 de moins que la version thermique. En fait, c’est la présence du rangement pour les câbles dans le double fond qui explique cette différence. Mais au-dessus du plancher l’espace est le même. Le volume de coffre suffit donc pour faire ses courses mais pas pour partir en vacances avec des enfants.

Le coffre est accessible et bien dessiné mais pas très haut et un peu juste pour un usage familial. Sous le plancher, un espace permet de loger les câbles de recharge.
Le coffre est accessible et bien dessiné mais pas très haut et un peu juste pour un usage familial. Sous le plancher, un espace permet de loger les câbles de recharge.

Oui, pour son équipement généreux et sa garantie sérieuse.

En termes d’équipements, les coréens sont bien moins mesquins que les Allemands. Dès la version d’entrée de gamme Créative (à 42 400 € hors bonus de 6000 €), le Hyundai Kona electric intègre la plupart des systèmes d’aide à la conduite modernes comme le freinage d’urgence automatique, l’avertisseur d’angle mort, le régulateur de vitesse actif ou encore l’assistance au maintien de voie. La clef main libre, l’affichage tête haute et le grand écran tactile 8 pouces figurent aussi dans la dotation de série. Le système Apple Car play permet de visualiser l’application Waze sur l’écran principal et l’ensemble Hi-Fi Krell (7 HP + Subwoofer) permet de bien couvrir les bruits de roulement.

La version Executive essayée est facturée 2500 € de plus. Elle ajoute le radar de parking avant, des phares à LED adaptatifs, l’assistance au changement de file (intervention sur le volant avec le clignotant), la lecture des panneaux de signalisation et des sièges semi-cuir chauffants à réglages électriques (et réglable en hauteur côté passager). Comme toutes les Hyundai, la Kona electric offre une garantie 5 ans kilométrage illimité sur l’ensemble des éléments techniques hormis la batterie garantie 8 ans ou 200 000 km.

Le Kona electric peut se connecter à des bornes de recharge rapide Combo de 100 kW
Le Kona electric peut se connecter à des bornes de recharge rapide Combo de 100 kW

Non, pour l’absence de réseau de charge Hyundai

L’autonomie offerte par le Kona electric est amplement suffisante pour un SUV urbain et sa prise Combo Type 2 lui permet de recevoir de puissantes charges de 100 kW pour effectuer un plein à 80 % en 54 mn. Seulement l’absence de bornes de recharge rapide dans le réseau Hyundai nécessite de s’en remettre au « far-west » des installations publiques et privées pas toujours accessibles, encore peu nombreuses et dont le mode de paiement n’est pas toujours pratique.

Il faut donc consulter le site (http://combo-map.com) pour chasser les bornes Combo. De nombreux magasins Lidl en proposent avec un accès gratuit mais la place est comptée tout comme le temps de charge limitée à 30 mn par véhicule. Autant dire qu’il faut prévoir son coup avant de s’aventurer sur un long périple ce qui n’est plus le cas aujourd’hui avec une Tesla par exemple. Sur une prise domestique classique délivrant 2,7 kW, il faut compter 24 heures pour faire le plein. Une Wallbox de 7,2 kW permet de passer à 9h35.

Les meilleures voitures électriques pour la ville

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

A lire aussi