Test de la Egret Ten V2 : Une « routière » tout confort

Avec sa Ten V2, Egret cherche à répondre aux besoins des utilisateurs urbains qui recherchent une trottinette électrique endurante, confortable et performante. Nous avons pu l'essayer pendant plusieurs jours avec en sus des séances de musculation si vous êtes adeptes du transport multimodal.

par Yazid Amer 10 Sep 2018 11:30

Egret met en avant ses qualités germaniques qui ont sûrement déteint sur ses trottinettes. Après une Egret Ten parfois discutable, le constructeur lance une Ten V2 qui se veut la nouvelle star des trottinettes électriques. Avec un poids de 17 kg, elle n’est pas toujours facile à manipuler et transporter. Mais elle compense ce point précis par un équipement très complet qui comprend : une batterie de 550 Wh, un moteur brushless à l’arrière de 500 W, ainsi que des roues gonflées de 10 pouces. Egret annonce une vitesse de pointe de 30 km/h et une autonomie de 42 km.

7/10

Ten V2

La plus routière

1 599€  Egret
On aime
  • Le confort
  • Les pneumatiques
  • La qualité de conception
  • Les amortisseurs
  • Rend presque supportables les routes pavées
On n'aime pas
  • Le poids
  • Le frein à maîtriser
  • Le trépied quasiment inutile
  • Une autonomie de seulement 25/30 km
  • Usage multimodal limité
Verdict

Avec sa Ten V2, Egret vise clairement les utilisateurs qui sont à la recherche de performances. Toutefois son gabarit tout comme son poids en fond un modèle encombrant, mais qui en contrepartie, offre un confort exceptionnel. Aussi bien pour les jambes que pour le dos avec son large plateau en bois, mais aussi grâce à sa conception qui la rend très plaisante sur la route. Agile, puissante et rapide, elle profite d’amortisseurs de qualité et surtout de freins puissants. Elle n’offre pas un rayon de braquage exceptionnel, mais comme une berline face à une compacte, difficile de lui demander la souplesse d’une trottinette de 10 kg. Sa belle autonomie la rend très pratique en ville et les déplacements du quotidien. Par contre, utiliser la Ten V2 dans un esprit multimodal signifie que vous avez une très bonne forme physique et des muscles ciselés. Sinon, transporter ses 17 kg est une véritable épreuve, sans parler du système de pliage qui n’est pas vraiment évident.

Dimensions dépliée 115 x 55 x 89 cm
Dimensions pliée 103 x 18,5 x 35 cm
Poids 17 kg
Charge maximale 130 kg
Vitesse Maximale 30 km/h
Autonomie maximale 42 km
Freinage à disque à l'avant et l'arrière
Roue gonflable 10 pouces à l'avant et l'arrière
Limitateur de vitesse Oui
Puissance moteur 36V, 500W
Certification de résistance à l'eau IP54
Fiche technique

Quatre raison de craquer (ou pas) pour la trottinette Egret Ten V2

Oui, pour le look et la conception

La Egret Ten V2 n’est pas un modèle de design rafraîchissant. Difficile de faire plus austère et minimaliste, et pourtant le charme agit. Elle dégage une énergie, une impression de solidité associée à une prise en main très qualitative. Ses roues gonflées de 10 pouces ne font que renforcer notre impression première. Nous sommes face à un produit bien fabriqué, solide et surtout vraiment pensé pour rouler. Le guidon intègre un écran LED mais il est regrettable qu’il soit pas très lisible en plein soleil.

L’éclairage LED à l’avant est amovible mais sa conception laisse à désirer. En effet, rien ne sécurise le phare qui peut se détacher en cas de chute ou simplement en la transportant ou en la cognant malencontreusement contre un mur. Le plateau est de très belle taille et en bois, avec un revêtement antidérapant sur toute sa surface. Un modèle de confort certes, mais avec 17 kg sur la balance, c’est le minimum qu’on puisse demander. La conception de la structure est en aluminium brossé à la fois solide et léger. À noter le choix de noir mate qui apporte encore plus de sérieux à la bête. Côté sécurité, les deux roues sont équipées de freins à disque.

Oui, pour le système de freinage et les amortisseurs

Avec ses larges roues gonflées de 10 pouces associées à des freins à disque, la Egret Ten V2 offre un contrôle presque parfait. Le freinage demande juste un peu d’habitude et au bout de quelques heures nous le contrôlons très finement. Les freins s’actionnent via des gâchettes identiques à celles d’un vélo. Elles sont grandes et ont tendance à bouger un peu. À moins d’avoir de très grandes mains, difficile de rester aux aguets en gardant les doigts posés dessus sauf à vouloir avoir mal à force de les étirer. Pas très ergonomique, tout comme l’accélérateur placé sous le cadran. En cas de circulation dense, si vous devez jouer régulièrement avec l’accélérateur et le frein, vous risquez quelques crampes.

Les amortisseurs sont souples et confortables. Certes, vous aurez des vibrations sur les rues pavées, mais rien qui ne puisse réellement fatiguer vos vertèbres. Face aux nids de poule, la Ten V2 se comporte mieux que la majorité de ses concurrentes, mais ce n’est pas une raison pour tenter le diable. Cela reste une trottinette…

Oui, pour la conduite

Une fois dépliée, la Egret Ten V2 en impose et séduit. Le constructeur annonce une autonomie de 42 km et une vitesse de pointe de 30 km/h. Avec un poids de 85 kg, le testeur a atteint sans soucis les 27 km/h. Vu le gabarit de la trottinette, difficile de l’imaginer sur les trottoirs, ce qui explique peut-être l’absence de limitateur de vitesse. Avec son large plateau en bois associé à des amortisseurs de qualité, la conduire sur route pavée comme goudronnée est un plaisir.

L’accélération est bien dosée avec une certaine constance dans ses performances. Les pneus de 10 pouces rendent la route plus douce et le passage des bateaux presque indolores. De plus, en temps de pluie la V2 tient le pavé, avec tout de même une petite tendance à déraper à l’arrière. Enfin, sur des pentes de 5 %, il est possible de maintenir une vitesse supérieure à 20 km/h. Celle-ci tombe à moins de 9 km/h avec une pente supérieure à 15 %.

Non, pour le multimodal

La plier se fait en deux temps. Il faut lever une petite trappe qui donne accès à une tige à lever et bloquer pour pouvoir plier la Ten V2. Il faut surtout prendre le coup de main, mais même dans ce cas comptez une petite dizaine de secondes pour l’opération. Avec ses 17 kg, elle ne joue pas dans la catégorie poids plume.

Sa conception équilibrée est un plus pour la transporter, mais ne compense pas la physique pure. Il faut avoir un bon gabarit pour l’utiliser dans un cadre multimodal et prier pour éviter les transports bondés. Elle conviendra plus pour les utilisateurs qui ne font que de la ville, en utilisant de préférence une piste cyclable. Son autonomie atteint facilement les 25 km tant que vous évitez les dénivelés.

Non, pour le guidon et l’afficheur

La console centrale n’est pas très jolie et ne fait pas trop sérieux comparé au reste de la trottinette. L’afficheur est petit et il manque de luminosité. De plus, il se contente d’afficher principalement la vitesse.

Le phare LED à l’avant est correct, mais sans plus. Par contre, le système de fixation est particulièrement mal conçu, se détachant à la moindre grosse secousse. De là à dire qu’Egret a pensé aux phares au dernier moment et a bricolé cette solution, il n’y a qu’un pas.

On l’a vu plus haut, les gâchettes pour l’accélération ou les freins sont un peu trop grandes pour la moyenne des Français, ce qui nous force à un peu trop tirer sur les doigts. La colonne de direction se règle en hauteur de 90 à 120 cm ce qui la rend confortable pour la majorité des profils. À moins de faire plus de 1m90, vous ne devriez pas vous trop vous pencher pour attraper le guidon. À noter un réglage qui se fait sans bille, mais avec un système de fixation plus facile et plus précis à mettre en œuvre. La machine propose une béquille, mais au final elle est anecdotique. Elle ne s’enclenche pas facilement et l’équilibre obtenu reste précaire. Au final, nous ne l’avons presque jamais utilisée d’autant qu’elle se révèle très fragile.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

A lire aussi