Qu’est ce que la technologie hybride Nissan e-Power ?

Alors que la plupart des constructeurs généralistes disposent d’une motorisation hybride dans leur gamme, Nissan affiche un retard à l’allumage en la matière de ce côté du globe. Toutefois, à l’occasion du dernier salon de Genève, la marque japonaise a annoncé l’arrivée de cette technologie en Europe dès 2022. En attendant la première application en série de cette motorisation révélée avec le Nissan IMS Concept, nous avons eu le privilège de l’essayer en avant-première sur ses terres natales, au Japon.

par Driss Abdi 27 Mai 2019 10:15

Considérée comme une motorisation hybride conventionnelle, la motorisation e-power répond plus précisément à la définition technique d’hybride-série. Une configuration déjà connue sous le capot de la BMW i3 Rex, par exemple, qui se caractérise par une propulsion électrique mais alimentée en énergie par un moteur thermique faisant office de générateur.

Nissan estime que cette technologie est le parfait compromis pour se positionner en face des voitures hybrides concurrentes, tout en bénéficiant du Electric Feeling Drive, un ADN cher à la marque de Yokohama. Aussi, cette architecture plus compacte permet de maîtriser le poids de la motorisation.

L’hybride-série selon Nissan

Avec les roues en prise directe au moteur électrique, les Nissan e-Power peuvent donc être considérées sans mal comme des voitures électriques. à la différence près que la batterie, au centre de la chaîne cinématique, est alimentée par un bloc thermique et un générateur.

Des véhicules électriques, cette technologie n’en reprend que quelques fragments. Et ce sont ceux de la Nissan Leaf, la plus populaire de son segment, qui ont naturellement été choisis par les ingénieurs. Le groupe motopropulseur se compose donc d’un moteur de 109 ch (80 kW) pour 254 Nm de couple de l’ancienne Nissan Leaf, ainsi que d’un bout de batterie d’une capacité totale de 1,5 kWh. Le générateur est représenté par le 3 cylindres 1,2 litre, dont la puissance de 79 ch n’a finalement pas de réelle importance.

Une voiture électrique au bruit de thermique
Une voiture électrique au bruit de thermique

La passerelle entre thermique et électrique

Nexxdrive a eu la possibilité d’embarquer pour plus de 1 300 km à bord d’une Nissan Note Nismo e-Power, uniquement proposée au Japon. Dès les premiers tours de roues dans la douce frénésie tokyoïte, la Note e-Power se comporte comme une parfaite hybride : les départs se font en silence, avec l’énergie instantanée que l’on retrouve dans toutes les voitures électriques. Avec un pied léger, il est ainsi possible d’atteindre les 50 km/h sans la moindre intervention du moteur thermique. L’agrément de conduite, renforcé par l’absence de boîte de vitesses, n’est pas sans évoquer la conduite d’une Nissan Leaf entre deux feux tricolores.

En revanche, et sans grosse surprise, le feeling électrique est de courte durée face à la capacité limitée de la batterie dont l’autonomie n’excèderait pas les 10 km d’après nos calculs. Vient alors l’intervention du moteur thermique, dont les vocalises restent particulièrement muselées à basse vitesse. La donne change à pleine charge, où le moteur cible le régime de rotation optimal pour recharger la batterie : le fonctionnement peut s’apparenter au moulinage caractéristique d’une boîte CVT d’une Toyota, mais l’arrivée généreuse et instantanée du couple aux roues se distingues de la concurrence, souvent essoufflée sur les reliefs.

Des consommations mixtes dans la moyenne

Pour son modèle, Nissan annonce une consommation moyenne de 2,9 l/100 km sur un cycle d’homologation japonais, toujours éloigné de la réalité. Au terme de cet essai, la Nissan Note e-Power a plutôt avoué une consommation moyenne de 5,6 l/100km. Un résultat tout de même honorable au regard d’un essai effectué à plus de 60% sur autoroute. Un terrain où l’allumage des bougies du moteur thermique est continuel pour faire face à la capacité réduite de la batterie.

En ville, un environnement adapté à la citadine, la consommation peut facilement passer sous la barre des 4,0 l/100 km, notamment grâce aux dispositif embarqués, comme la e-Pedal et un mode de récupération d’énergie à la décélération particulièrement efficace. Mais au terme de cet essai, on pourrait se demander duquel, entre le bloc thermique et le moteur électrique, vient en support de l’autre. Une interrogation qui ne se pose pas forcément avec le schéma d’un hybride classique.

Des axes de développement encourageants
Des axes de développement encourageants

Bien que le rendement global de cette motorisation mérite d’être éclairci, la technologie e-Power remplit ses objectifs, en associant la mobilité électrique à la sérénité de l’autonomie. Similaire à la Nissan Leaf en ville, elle ne peut en revanche se soustraire de sa consommation d’énergie sur autoroute, toujours plus haute sur les voitures électriques. Une batterie plus généreuse serait tout indiquée pour limiter les interventions du moteur thermique.

Si la technologie e-Power ne révolutionne pas le segment des voitures hybrides malgré une configuration exotique, elle n’en demeure pas moins intéressante. Preuve en est avec la Nissan Note : à bout de souffle en version thermique, la citadine est la devenue la voiture la plus vendue au Japon depuis l’introduction de la version e-Power.

L’arrivée de cette technologie sur un marché Européen qui tend à s’électrifier, pourrait ainsi permettre à Nissan de dynamiser ses ventes. Aussi, cela lui permettrait de se singulariser face aux autres propositions vertueuses, sur un segment qui pourrait gagner du terrain sur la Nissan Leaf.


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