Série 7, que vaut le vaisseau amiral high-tech de BMW ?

Cette nouvelle génération de Série 7 mérite t-elle toujours le titre de référence ? Et surtout mérite t-elle toujours l’appellation de vitrine technologique ? Pour vous répondre NexxDrive a parcouru 1 500 km à son volant mais aussi à l’arrière.

par Nico Heidet 25 Juil 2018 15:00

On aime
  • Sa ligne largement au goût du jour
  • Son intérieur exceptionnel
  • Son confort global
  • Son agilité en toutes circonstances
  • Son équipement high-tech
On n'aime pas
  • La commande gestuelle sans réel intérêt
  • Sa télécommande trop onéreuse
  • Ses options toujours trop nombreuses
Verdict

Élégante et agressive à la fois, la nouvelle génération de BMW Série 7 est plus que jamais orientée high-tech. Le résultat, c’est un très haut niveau de confort, une grande facilité de circulation en zone urbaine et une agilité sur route exceptionnelle. A cela, on ajoute un niveau de sécurité et une ergonomie repensée dans l’habitacle grâce à une belle mise à jour sur l’info-divertissement. On obtient ainsi une limousine aussi chère que parfaite.

Moteur6 cylindres en ligne bi-turbo
Puissance326 ch
0 à 100 km/h5,5 secondes
Consommation moyenne7 litres aux 100 km.
Fiche technique

Toutes les raisons de voyager (ou pas) dans une BMW Série 7

Oui, pour son élégance

Indémodable. C’est, à l’exception de la 4ème génération lancée en 2002, ce qui vient à l’esprit quand on découvre une nouvelle BMW Série 7. Et puis vient la génération d’après, puis la suivante et on s’aperçoit alors que celle que l’on admirait a pris un sérieux coup de vieux. Ce constat est valable sur bien d’autres voitures à longue carrière. Celle de la Série 7 totalise aujourd’hui 6 générations de grandes berlines, voire de limousines. Lancée il y a 2 ans dans l’hexagone, cette 6ème « 7 » conserve une ligne globalement assez classique, mais sa face avant est plus bombée et son regard plus agressif. Globalement, cette ligne affiche une finesse non négligeable avec un Cx de 0,24. En clair, si on doit comparer son coefficient de pénétration dans l’air face à une voiture faite pour ne quasiment rien consommer, en l’occurence la Toyota Prius, figurez vous que cette grosse limousine ici présente fait mieux (0,25 pour la japonaise hybride) ! Il demeure que cette Série 7, même avec son côté un brin agressif, parvient à afficher une élégance que ses concurrentes n’ont pas. 

Malgré sa grande taille, cette nouvelle Série 7 est très bien équilibrée visuellement.
Malgré sa grande taille, cette nouvelle Série 7 est très bien équilibrée visuellement.

Oui, pour sa présentation intérieure

A vrai dire, même si certains pourront, à juste titre, critiquer la taille désormais presque petite de son écran central face à ce que l’on trouve chez Audi ou Mercedes, reconnaissons que la présentation de cette Série 7 est un régal pour les yeux. Tout en parvenant à conserver l’esprit BMW, les designers on réussi à réunir tout ce que l’on peut aimer comme matières (ronces de noyer, cuirs pleine fleur, aluminium…) afin d’offrir une ergonomie et une présentation idéale sans chercher à faire dans le tape à l’oeil.

A l'instar de la partie extérieure, l'habitacle est très soigné tout en restant élégant.
A l'instar de la partie extérieure, l'habitacle est très soigné tout en restant élégant.

Oui, pour son confort à toutes les places

A bord, que l’on opte pour la berline ou la limousine (plus longue de 14 centimètres aux places arrière), on obtient ce qui se fait de mieux en termes d’assise. Les sièges sont bien entendu réglables sur presque tous les axes, ils sont ventilés, chauffants et il est possible d’opter pour différents types de massages plus ou moins forts jusqu’à hauteur de vos épaules. Et croyez nous, que l’on soit sur un long parcours ou dans un embouteillage, ça compte ! Après, en optant pour la Série 7 limousine, c’est surtout à l’arrière que les occupants sont soignés. A la place de la banquette 3 places viennent 2 sièges encore plus larges. Ils peuvent s’incliner et former un quasiment un lit comme dans la classe business d’un avion long courrier. 

A l'arrière de la BMW Série 7 Limousine, on peut étendre ses jambes grâce à des sièges qui s'incline comme dans une Business Class.
A l'arrière de la BMW Série 7 Limousine, on peut étendre ses jambes grâce à des sièges qui s'incline comme dans une Business Class.

Oui, pour l’i-Drive de nouvelle génération

Si la première génération d’i-Drive était perfectible en 2002, le système d’info-divertissement de BMW a beaucoup évolué depuis, au point de devenir l’un des plus intuitifs du marché. Preuve en est que même des constructeurs généralistes adoptent désormais un système qui lui ressemble. Dans cette nouvelle version, BMW a totalement simplifié l’interface en affichant plusieurs domaines visibles (Média, Communication, Navigation, Connected Drive…). Comme toujours, tout déroule de manière horizontale vers la droite. C’est facile d’utilisation et surtout, ça va très vite ! Connecter son téléphone ne prend, comme depuis très longtemps chez BMW, que quelques secondes et lors d’une réactivation de la voiture, le conducteur n’a pas à attendre que tout le système redémarre.

Oui, pour CarPlay sans fil

Vous le savez, pratiquement toutes les voitures d’aujourd’hui proposent une connexion Android Auto ou CarPlay. Pour cela, il faut dans la grande majorité des cas connecter son smartphone via un câble USB. Dès lors, on obtient la plupart des applications essentielles de son smartphone directement sur l’écran de la voiture. Le détail de cette Série 7, c’est que l’on n’a plus besoin du câble USB. Tout se passe via le Bluetooth en quelques secondes à peine, et on obtient exactement la même chose. Il faut noter que nous n’avons noté aucune latence des exécutions entre un iPhone 7 et le système CarPlay sans fil. Une bonne chose.

CarPlay coupe le cordon dans la BMW Série 7
CarPlay coupe le cordon dans la BMW Série 7

Oui, pour le moteur 6 en ligne

A l’heure où tous les constructeurs automobiles ont tendance à « downsizer » leurs moteurs en réduisant la cylindrée et le nombre de cylindres dans le but de moins consommer et surtout de passer les normes, BMW n’échappe pas à cette règle. Raison pour laquelle son bloc 6 cylindres en ligne qui fait la réputation du bavarois depuis quelques décennies, commence à se faire presque rare au sein de la gamme. Notre 740i est équipée de ce moteur : un 3.0 litres dopé par 2 turbos pour obtenir une puissance de 326 ch. Accouplé à une boîte automatique ZF à 8 rapports, ce moteur n’émet pas une sonorité très importante en raison de la haute insonorisation de la voiture. Si discret soit-il, il permet tout de même à notre grande propulsion d’afficher 100 km/h en 5,5 secondes seulement. Côté pollution, il faut lui reconnaitre un certain talent pour rester discret là aussi. En moyenne, comptez 7 litres pour un CO2 porté à 119 g/km. Une vraie prouesse pour un moteur aussi puissant.

La 740i reste l'une des rares BMW à abriter le fameux
La 740i reste l'une des rares BMW à abriter le fameux "6 en ligne" bavarois.

Oui, pour le coffre

Une limousine de cette trempe ne peut se permettre de refuser de gros bagages. Les palaces qui utilisent ce type de véhicule pour leur clientèle fortunée savent que justement, il faut prévoir parfois plusieurs véhicules afin de pouvoir transporter les « quelques » bagages. Le coffre de la BMW Série 7 est, comme de coutume, suffisamment vaste pour embarquer quelques grandes valises, mais attention, il n’est pas aussi facile et pratique qu’un coffre de SUV haut de gamme. Celui d’un X5 par exemple permettra de ranger plus de chose (c’est notamment l’une des raisons pour lesquelles certains clients X5 sont d’anciens possesseurs de Série 7). Avec une contenance autour des 520 litres, on ne peut pas dire que le coffre de cette Série 7 soit une exception mais pour avoir transporté de gros objets, il ne nous a pas fait défaut.

Oui, pour les modes de conduite

Ce n’est plus une surprise chez BMW, on dispose de plusieurs mode de conduite. Sauf que dans notre Série 7, il est possible d’aller un peu plus loin sur les lois d’amortissement aussi bien en mode Confort qu’en mode Sport grâce à un châssis actif disponible en option. De quoi obtenir une voiture encore plus confortable à la demande, voire même aussi agile qu’une petit GTi dès que l’on opte pour une conduite plus sportive. Pour une voiture totalisant autour des 2 tonnes, cela représente une vraie prouesse technique.

Oui, pour la tablette aux places arrière

C’est Samsung qui a été retenu pour équiper en tablette la place centrale arrière des dernières générations de BMW Série 7. Bien entendu, cette collaboration a consisté à développer une tablette qui utilise le même environnement que l’iDrive présent aux places avant. En effet, les passagers arrière peuvent commander les fonction audio à l’avant, mais aussi, pour la version limousine, toutes les fonctions de leurs sièges (ventilation, réglage avec repose pied pour s’allonger, climatisation, et applications BMW).

C'est Samsung qui équipe les BMW Série 7 en tablette aux places arrière.
C'est Samsung qui équipe les BMW Série 7 en tablette aux places arrière.

Oui, pour les roues arrière directrices

Même si ce système était apparu sur la précédente génération de Série 7, les roues arrière directrices permettent d’obtenir une grande facilité de braquage en zone urbaine lors de manoeuvres. Dans ce cas, les roues arrière tournent dans le sens inverse des roues avant, permettant à la voiture de virer plus aisément. Sur route, les roues arrière vont tourner dans le sens des roues avant. Il en résulte une plus grande agilité dans les enchainements de virages serrés.

Oui, pour sa caméra frontale qui lit la route

Même si c’est Mercedes qui a inauguré ce système il y a un peu plus de 5 ans sur la Classe S, BMW propose quelque chose de similaire et de tout aussi efficace sur sa Série 7. Le principe, une caméra frontale a pour rôle de lire la route afin de détecter toute modification de revêtement. Dégradation du revêtement, comme c’est trop souvent le cas dans l’hexagone, mais aussi dos d’âne ou tous types de ralentisseurs. Une fois la route analysée, elle envoie directement l’information aux amortisseurs qui vont adapter instantanément leur tarage afin d’offrir le meilleur confort possible. Dans la pratique, c’est tout simplement bluffant puisque l’on ne sent presque plus un ralentisseur dans l’habitacle, que l’on soit installé à l’avant mais également à l’arrière.

Oui, pour la conduite « semi-autonome »

Parcourir plus de 700 km à bord d’une Série 7 pourrait paraître un grand moment de bonheur. En fait, on ne va pas vous le cacher, ça l’est ! Seulement voilà : entre le confort naturel de cette limousine, les massages dans les sièges ventilés et le son du système Harman Kardon, on a tendance à justement se sentir un peu trop bien. Et outre les « pauses » indispensables, la fatigue quand on roule aux vitesses limites et surtout l’attention a tendance à baisser. Pour cela, BMW a mis véritablement le paquet en dotant son vaisseau amiral de tout ce qui peut exister en termes d’assistance et de vigilance. C’est le cas du régulateur actif de vitesse qui s’adapte jusqu’à l’arrêt total à la vitesse des voitures qui vous précèdent, mais aussi de l’avertisseur de franchissement de ligne qui va également prendre la main sur la direction si vous la lâchez quelques pendant quelques secondes. Pour avoir testé le système même dans les enchainements de courbes sur l’autoroute qui vous amène au Viaduc de Millau, nous avons été assez bluffés par les bonnes réactions de notre limousine.

Non, pour la commande gestuelle

Lors d’un lancement de Série 7, généralement, BMW entend innover avec du jamais vu. Cela avait été le cas avec l’i-Drive (molette clicquable permettant de gérer toute la partie info-divertissement) que tout le monde a détesté mais que la concurrence a vite adopté, même chez les constructeurs généralistes. Pour cette génération, BMW inaugurait la commande gestuelle. L’idée était de pouvoir changer de morceau de musique, augmenter ou baisser le volume ou encore refuser ou prendre un appel téléphonique par un simple geste.

Premier bémol de cette commande gestuelle, c’est justement qu’il faut un certain apprentissage pour effectuer les « bons » gestes qui soient reconnaissables rapidement par la caméra prévue à cet effet. Concrètement, on perd du temps, voire, on s’énerve un peu et au bout du compte, on monopolise toute son attention sur autre chose que la route. Deuxième bémol : puisque toutes ses commandes sont disponibles au volant (ça l’est depuis des dizaines d’années chez le bavarois), pourquoi aller imaginer qu’on va se prendre pour Tom Cruise dans Minority Report alors que l’on est au volant d’une berline de plus de 5 mètres ? Bref, en attendant d’autres applications, cette commande gestuelle représente aujourd’hui très peu d’intérêt. Gageons que, comme pour l’i-Drive invité par BMW sur une Série 7 également, mais en 2002, cette commande gestuelle évoluera dans le temps pour tenter de passer un peu moins pour un jouet dédié à épater vos enfants.

Dans la mesure où les mêmes fonctions sont disponibles au volant, la commande gestuelle demeure très gadget.
Dans la mesure où les mêmes fonctions sont disponibles au volant, la commande gestuelle demeure très gadget.

Non, pour la télécommande aussi chère qu’un iPhone X

Autre première pour une BMW, la Série 7 dispose d’une grosse télécommande en guise de clé. Pas le boîtier habituel non, mais bien un objet presqu’aussi gros qu’un smartphone avec son écran couleur tactile. L’intérêt de ce beau jouet ? Pouvoir déclencher la climatisation ou le chauffage à distance (300 mètres) mais aussi pouvoir entrer et sortir votre voiture d’une place de parking en l’avançant ou en la reculant. Alors pour être tout à faire honnête, la plupart des constructeurs automobiles (dont BMW) ayant désormais leur App pour smartphone qui permet déjà de faire tout cela (notamment Mercedes Me), quel but de s’affliger un objet de la taille d’un smartphone qui ne téléphone pas dans sa poche ? Surtout quand on sait que si on a le malheur de le faire tomber, c’est autour de 1 200 euros le remplacement…

La nouvelle télécommande connectée est une réussite, mais attention à la casse...
La nouvelle télécommande connectée est une réussite, mais attention à la casse...

Non pour son tarif élitiste, même si…

Près de 94 000 euros pour notre 740i. Nous vous parlons presque de l’entrée de gamme et sachez qu’avec la politique d’options ou plutôt devrions nous dire, le programme de personnalisation, notre modèle, équipé comme nous venons de vous le décrire totalise près de 40 000 euros d’options. Et comme vous le savez, pour 40 000 euros aujourd’hui, on peut s’offrir une « petite » Série 2, voir une Série 3. Alors non pour son tarif, même si… rappelons tout de même que nous sommes face à l’une des limousines les plus extraordinaires du monde techniquement. Et grâce à toute cette technologie embarquée, on obtient une voiture toute aussi extraordinaire à conduire au quotidien.


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