REVOE DIRT 20 : Faut-il craquer pour cet objet roulant non identifié ?

Pour notre premier contact avec un vélo de la marque REVOE, nous avons décidé de faire dans l’original avec le Dirt 20, un vélo pliant qui se distingue par ses énormes pneus de 20 pouces, le même diamètre qu’un BMX. Résolument atypique, celui-ci ne laisse pas indifférent, mais mérite-t-il le détour au-delà de son design ? En clair, faut-il craquer pour ce drôle d’engin ?

par Emmanuel Armanet 24 Oct 2018 10:00

6/10
Le choix Tom's Drive

Revoe Dirt 20

Résolument atypique

799€  Revoe
On aime
  • Le look
  • L'équipement complet
  • Autonomie convenable
  • Confort surprenant
On n'aime pas
  • Freinage très moyen
  • Poids
  • Assistance brutale
  • Pliage réclamant force et persévérance
Verdict

Attention, ce vélo à assistance électrique est un monstre dont le physique atypique fera tourner toutes les têtes. Un étrange hybride entre un vélo pliant et un fatbike. Ce modèle parfaitement équipé a son moteur dans le moyeu arrière. Il est alimenté par une batterie de 360 Wh placée verticalement derrière le tube de selle. L’assistance est plutôt brutale. Les premiers coups de pédales sont durs puis l’assistance se déclenche d’un coup. Les freins à disque n’affichent pas vraiment une puissance rassurante tandis que les gros pneus offrent un certain confort. Pour moins de 800 euros, ce VAE jouit malgré ses imperfections d’un bon capital sympathie et fait le job pour des trajets de moins de 10 km.

CadreAluminium
Débattement suspension avant/arrièreNon/Non
MotorisationMoteur Brushless moyeu arrière 250 W
Batterie360 Wh
Poids25 kg
Fiche technique
Un look plutôt agressif pour un vélo pliant
Un look plutôt agressif pour un vélo pliant

REVOE est une société basée à Paris, mais qui possède des bureaux en Asie afin d’être au plus des usines chinoises qui fabriquent les différents produits d’une gamme dessinée en France. La marque entend se démarquer par une offre large et originale qui partage une identité visuelle forte comme la couleur noir mate que l’on retrouve tout aussi bien sur ses trottinettes que ses VAE. Résolument différent, faut-il craquer pour ce Dirt 20 ?

Oui, pour son look unique

Les vélos pliants, qu’ils soient musculaires ou à assistance électrique, sont dans leur immense majorité de frêles esquifs dévolus aux déplacements urbains. Ils se plient pour faciliter les déplacements multimodaux et pour être facilement garés dans un appartement en prenant éventuellement l’ascenseur.

Mais le Dirt 20 de la société française REVOE ne joue manifestement pas dans la même cour. Son design dénote immédiatement de ses cousins avec son cadre massif habillé d’une peinture noir mate qui lui confère une allure un peu plus bestiale. Mais ce qui le distingue surtout des autres vélos pliants, ce sont ses énormes pneus de 4 pouces de large. Le Dirt 20 fait tourner toutes les têtes sur son passage. Croyez-nous sur parole, la traversée à son bord du 1er arrondissement de Paris s’est soldée par un grand nombre de torticolis et quelques questions posées tout aussi bien par des piétons que par d’autres cyclistes.

Une taille de pneu pour le moins inhabituelle
Une taille de pneu pour le moins inhabituelle

Oui et non, pour ses gros pneus

En reprenant le principe de pneus très larges comme les fatbikes, ces VTT particulièrement à l’aise dans la neige et dans le sable, sur un vélo à destination essentiellement urbaine, REVOE prend un pari risqué. En effet, ces gros « boudins » de 20 x 4 pouces se montrent lourds à amener. Leur résistance au roulement est mécaniquement plus importante que les fins pneus qui équipent les autres vélos citadins. De plus, leur bande de roulement est garnie de crampons. Conséquence logique, ces pneus viennent grever l’autonomie du vélo. Ils se montrent en outre bruyants surtout le macadam est lisse.

Mais ces gros pneus n’ont pas que des inconvénients. D’une part, ils améliorent nettement le confort global du Dirt 20 en encaissant les petits chocs à condition de ne pas trop les gonfler. Les passages pavés qui sont très nombreux, à Paris notamment, sont avalés avec sérénité. Nous n’avons pas été secoués comme sur des vélos très rigides. C’est également bénéfique à la précision de conduite. D’autre part, les gros pneus permettent d’envisager des sorties en dehors des routes goudronnées. Sur les chemins par exemple, mais aussi sur la neige et sur le sable. Bon OK, difficile de trouver de la neige en cette saison… surtout en région parisienne. En revanche, pour le sable pas de problème. Direction Fontainebleau dont la forêt réserve de belles plages sableuses. Après avoir baissé la pression de gonflage, nous voilà partis. Et bien le Dirt 20 passe sans problème. Sa motricité est parfaite dans ces conditions difficiles.

Indispensable : un feu arrière suffisamment puissant
Indispensable : un feu arrière suffisamment puissant

Oui pour son équipement très complet

Malgré son look étrange et ses capacités en tout-terrain, ce VAE est avant tout destiné à une utilisation citadine. Il est donc livré avec un équipement complet qui lui permet dès sa réception par son propriétaire, d’affronter les artères des métropoles. Il dispose tout d’abord de robustes garde-boues en métal qui protègent plutôt bien des projections. Celui placé à l’arrière est surmonté d’un porte-bagages doté en sus d’un système de pince pour maintenir efficacement une chemise cartonnée contenant quelques pages. À l’avant et à l’arrière, un éclairage prend également place. D’une puissance moyenne, il est alimenté par la batterie du vélo et fonctionne même si vous ne pédalez pas.

Les commandes d'éclairage et de klaxon sont bien à portée
Les commandes d'éclairage et de klaxon sont bien à portée

Pour allumer le tout, pas de problème : un bouton commande l’éclairage. Il tombe assez aisément sous le pouce droit tout comme son voisin qui déclenche quant à lui un klaxon suffisant pour se faire entendre d’un piéton, mais un peu faiblard pour prévenir un automobiliste.

Les 6 vitesses sont largement suffisantes en ville
Les 6 vitesses sont largement suffisantes en ville

La transmission signée Shimano se compose d’un plateau unique et d’une cassette. Celle-ci ne compte que 6 vitesses, mais cela semble suffisant en ville, y compris lorsqu’il s’agit d’affronter les montées de Montmartre. Les vitesses passent plutôt bien malgré une commande Shimano à l’ergonomie étrange.

Un moteur classique placé dans le moyeu arrière
Un moteur classique placé dans le moyeu arrière

Sans surprise, l’assistance électrique n’atteint pas la perfection de celle que l’on retrouve sur des vélos vendus deux ou trois fois plus chers. Il ne s’agit pas d’une question de puissance, elle est bien là, mais plutôt d’un problème de gestion de celle-ci. Tout d’abord, l’assistance n’intervient pas dès les premiers coups de pédale. Le démarrage doit s’effectuer à la force des mollets avant que le moteur électrique fasse son travail. Attention donc à bien gérer ses vitesses, surtout lorsque la route empruntée est en pente : le départ lorsqu’un feu passe au vert risque d’être laborieux. A contrario, lorsque les watts arrivent, cela se fait d’un coup et il est possible, lors des premières heures passées en compagnie de ce vélo, d’être surpris. Autre phénomène étrange, l’assistance persiste une dizaine de secondes après avoir arrêté de pédaler. Cela donne l’impression d’être à bord d’un scooter ou d’une trottinette électrique.

Le système de pliage du Dirt 20 nous a donné du fil à retordre
Le système de pliage du Dirt 20 nous a donné du fil à retordre

Non, pour pliage difficile et son poids

Le Dirt 20 est un vélo pliant qui reprend les mêmes principes que ces congénères. Une articulation est placée au milieu du tube diagonal et permet au vélo de se replier en deux parties. Le long tube accueillant le guidon et sa potence se plie aussi. Un U en fer placé sous le vélo permet à celui-ci de tenir seul une fois plié. L’opération n’a pas été aisée.

À cela deux raisons. Tout d’abord, l’articulation principale s’est montrée très dure malgré une opération de graissage. Ensuite, et surtout, le Dirt 20 est lourd, très lourd même puisqu’il pèse 25 kg. Ce surpoids s’explique sans problème. Son prix a sans doute contraint REVOE d’utiliser des tubes basiques et non de l’aluminium à épaisseur variable. De plus, l’ensemble jante et pneus doit peser son poids. Mais il n’en demeure pas moins que manipuler ce bloc de 25 kg est loin d’être évident. Grimper deux étages en le portant se transformera en séance de musculation gratuite.

Les freins, le point noir de ce vélo
Les freins, le point noir de ce vélo

Non, pour un freinage aux abonnés absents

Pour freiner ce très lourd engin, REVOE a retenu un ensemble de freins à disque mécanique, c’est-à-dire actionné par des câbles et non par un système hydraulique synonyme d’entretien aussi régulier que complexe. Ce système d’origine chinoise est loin de nous avoir convaincus. Il manque cruellement de puissance et les distances de freinage semblent longues comme un jour sans nuit dans le flot de circulation des rues parisiennes. Ces freins se sont ensuite avérés, malgré nos différentes tentatives de réglage, très bruyants.

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    • Emmanuel Armanet, 08/03/2019 - 12:06

      @Tery - "Sans sa ba..."
      ---
      Comme un vélo classique qui réclame de grosses cuisses car il est lourd et ses gros pneus sont difficiles à amener. Le moteur électrique dans le moyeu augmente légèrement les frictions par ailleurs.