Quelle assurance pour les vélos et autres véhicules électriques urbains ?

Assurer son vélo ou n'importe quel autre véhicule électrique urbain n'est pas forcément évident. On vous dit tout pour rouler sereinement et en toute sécurité.

par Emmanuel Armanet 20 Juin 2018 13:59

Vélos à assistance électrique (VAE), trottinettes électriques et autres mono-roues sont de précieux alliés dans tous vos déplacements urbains. Ils vous permettent de vous déplacer rapidement et sans polluer, en évitant les bouchons et en vous faisant pratiquer une activité physique minimale.

Mais si vous avez déjà essayé un de ces nouveaux engins dans une grande agglomération, vous avez sans doute très rapidement perçu leur relative dangerosité même si les accidents graves demeurent rarissimes au contraire des chutes provoquées par le comportement dangereux de tiers, ou tout simplement par une voie de circulation glissante ou inadaptée.

Il est également possible de renverser un piéton, vous savez ces drôles de bipèdes qui traversent une piste cyclable sans vous entendre, car bien entendu ils ne se meuvent qu’avec un casque audio sur les oreilles et une smartphone à la main. Enfin dernier écueil malheureusement trop fréquent, le vol qui concerne essentiellement les vélos, car les autres solutions de transports évoquées ne passent guère de temps sans protection.

Vous l’aurez compris, la vie de l’utilisateur de ces nouveaux modes de déplacement urbains est loin d’être un long fleuve tranquille. La question de l’assurance se pose souvent et comme souvent lorsqu’il s’agit d’un secteur encore jeune, on peut entendre tout et son contraire. C’est pourquoi nous avons décidé de tout vous dire.

L’assurance est-elle obligatoire ?

Il convient d’emblée de distinguer les VAE (Vélos à assistance électrique) des VAE Speed et des autres véhicules électriques (mono-roues, trottinettes électriques…). En effet, les premiers cités sont considérés vis-à-vis de la loi comme des vélos musculaires classiques pour la simple raison que l’assistance électrique ne s’active que si l’utilisateur pédale. Cette même assistance se coupe automatiquement au-delà de 25 km/h. Les assurances multi-risques habitation couvrent donc dans la grande majorité des cas la responsabilité civile des utilisateurs de VAE.

Les VAE Speed ont quant à eux une assistance électrique active jusqu’à 45 km/h. Même si leur fonctionnement nécessite là aussi de pédaler, ils sont considérés comme un cyclomoteur : ils doivent être immatriculés, présenter un certain nombre d’équipements spécifiques (casque, éclairage, rétroviseur) et donc être assurés. L’assurance minimale est le tiers avec essentiellement la responsabilité civile. Vous serez donc couvert si vous blessez quelqu’un ou si vous détériorez le bien d’autrui avec votre responsabilité engagée. Pour assurer votre VAE Speed il faut donc se tourner vers une assurance deux-roues comme vous le feriez pour un scooter ou une moto.

Pour les autres moyens de locomotion, tout semble flou de prime abord, car il y a une grande variété de designs et de performances. De nombreux vendeurs d’engins prétendent qu’aucune assurance n’est obligatoire, sans doute plus par ignorance que par réelle malhonnêteté. Pour être le plus précis possible, nous avons interrogé un certain nombre d’experts et tous ont finalement conclu notre entretien par la même phrase : « oui, il faut souscrire une assurance, au minimum au tiers, pour sa trottinette électrique ou sa gyroroue«  . Avant de rajouter le fameux « En théorie ». En effet, à moins de provoquer un accident grave, il y a peu de chance d’être un jour ennuyé si vous n’êtes pas assuré.

Enfin, il ne semble pas que la maréchaussée soit réellement au fait du caractère obligatoire de l’assurance sur ces véhicules. La première amende pour défaut d’assurance en gyro n’est donc pas près d’arriver dans une boîte à lettres ! Signalons pour finir que les EDP (Engins de Déplacement Individuels) dont la vitesse ne dépasse pas les 6 km/h ne sont pas tenus d’être assurés, mais de tels véhicules sont très rares. Cela concerne essentiellement les hoverboards qui sont considérés comme des jouets.

Que risque-t-on à rouler non assuré ?

Considérés comme une moto ou une voiture, les VAE Speed sont donc soumis à la même réglementation que ces dernières. Un défaut d’assurance constaté par la police tombera donc sous le coup d’une forte amende qui peut atteindre quasiment 4 000 euros. C’est l’article L324-2 du Code la route qui est alors appliqué même si, comme nous l’évoquions un peu plus haut, il y a aujourd’hui très peu de chance d’être contrôlé. Toutefois, avec le nombre croissant d’EDP en circulation, les accidents devraient mécaniquement suivre une pente ascendante jusqu’à alerter les forces de police. Les problèmes pourraient devenir encore plus sérieux pour la personne circulant sans assurance si elle blesse sérieusement un piéton par exemple. Le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires) pourrait se retourner contre le coupable pour rembourser l’argent versé à la victime.

Attention à l’homologation

VAE et EDP doivent, pour circuler sur nos routes, bénéficier d’une homologation européenne qui garantit qu’ils offrent toutes les garanties en matière de sécurité pour leur pilote, mais aussi pour les autres. Et seuls ceux qui ont obtenu cette fameuse homologation peuvent être assurés.

En cas d’accident grave, la victime peut se retourner contre l’utilisateur d’un engin non homologué. Il est possible de trouver sans trop difficulté un véhicule électrique non homologué sur le marché, y compris dans des boutiques physiques ou virtuelles ayant pignon sur rue. En quelques minutes, nous voilà devant un VAE avec lequel il n’est pas obligatoire de pédaler pour mettre en branle l’assistance électrique et dispose d’une manette d’accélérateur… Sans parler des multiples solutions pour débrider les VAE 25 km/h pour leur permettre de rouler à plus de 40 km/h et autres firmwares alternatifs pour des trottinettes pour accroître leur vitesse de pointe.

Pour les trottinettes justement, les modèles dont la vitesse maximale ne dépasse pas les 25 km/h sont les seules homologuées pour circuler sur les routes ouvertes. Les autres doivent être cantonnés aux terrains privés.

Offrir une assurance supplémentaire à son VAE

Au-delà de la responsabilité civile, vous pouvez souhaiter offrir à votre destrier et à votre personne une protection complémentaire. Les VAE 25 km/h sont une nouvelle fois assimilés à des vélos classiques et la plupart des assurances spécialisées dans les vélos les prennent en charge. Ces assureurs dédiés aux cycles sont nombreux et se caractérisent par leur parfaite connaissance de ce marché avec en prime des tarifs souvent intéressants.

Ils sont par ailleurs souvent associés à de grands noms de l’assurance. Impossible de tous les citer ici, mais voici ceux qui ont retenu notre attention : www.cyclassur.fr, www.protegeclic.fr, www.assuranceveloelectrique.com… Votre VAE pourra alors être protégé contre le vol par effraction ou agression physique, contre la casse (chute, accidents divers, accident…). Certaines assurances proposent même un service d’assistance avec une prise en charge de votre vélo pour le rapatrier chez vous ou chez un réparateur.

Pour avoir une idée du prix de tous ces services, nous avons réalisé un devis chez Cyclassur pour un VAE acheté 4 490 € circulant essentiellement à Paris. L’assurance vol est facturée 278,38 € par an et pour la totale (Vol + Casse + Assistance), il vous en coûtera 363,69 €.

Et les autres engins ?

Allianz est un des assureurs généralistes les plus impliqués dans le domaine. Outre une offre adaptée aux VAE, cette société propose aussi des contrats dédiés aux gyropodes, hoverboards, gyroroues, trottinettes… L’assurance comprend alors la responsabilité civile obligatoire, mais également une défense pénale et recours en cas d’accident et une option Garantie du conducteur qui pourra recevoir jusqu’à 1 million d’euros en cas d’accident avec dommages corporels.

D’autres assureurs généralistes proposent un contrat d’assurance pour engins spéciaux qui peut aller de la simple responsabilité civile au tout risque et à la protection en cas de vol. Les offres sont un peu floues et pas toujours connues de certaines agences. L’offre est encore peu développée, il faut dire qu’il n’est pas facile de vendre une assurance perçue comme non obligatoire par la plupart des utilisateurs.

Certaines boutiques proposent de souscrire une assurance au moment de l’acquisition d’un engin chez elles. C’est le cas par exemple d’Alternative Bike.


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