Que vaut le Compass 4xe, premier 4×4 PHEV de Jeep ?

Il y a quelques années encore, certaines choses paraissaient impossibles – au mieux improbables – pour un journaliste auto. Comme rouler en Jeep sans consommer une goutte de carburant. Seulement voilà, dans une époque où le CO2 est devenu synonyme de tous les maux de la planète, il faut s’adapter ou disparaître. Et comme cela vaut aussi pour le plus américain des fabricants de 4x4, ainsi est née la transmission 4xe (prononcer 4 par e). Le 4xe incarne à la fois l’hybride rechargeable de Jeep et la toute première implantation d’un tel groupe motopropulseur dans la galaxie Fiat-Chrysler. Nous avons pu l’essayer au volant du Compass 4xe, modèle directement concurrent d’un Peugeot 3008 ou Ford Kuga, mais cette technologie est recopiée à l’identique dans le best seller de la marque, le petit Renegade.

Alexandre LENOIR

Motorisations 100 % nouvelles

Hormis quelques détails de style, Jeep n’a pas apporté de grosse modification à la ligne du Compass 4xe, dont la seconde génération a été mise à la route en 2016. C’est donc plutôt sur la technologie 4xe et ses bénéfices que nous consacrerons cette prise en main.

Techniquement, Jeep a couplé son nouveau moteur 1,3 turbo à un bloc électrique de 60 chevaux placé sur l’essieu arrière. Selon la définition du moteur thermique (130 ou 180 chevaux), le Compass peut ainsi proposer 190 ou 240 chevaux (en réalité un peu moins, les valeurs ne s’additionnant pas), avec quatre roues motrices, mais sans arbre de transmission allant du moteur à l’avant, aux roues à l’arrière. Une première chez Jeep.

Tout pour le 4×4

L’implantation des batteries et la réduction du réservoir de carburant (36 litres, une misère) permet au volume intérieur du Compass de ne pas trop pâtir de la présence de la technologie PHEV (seulement 18 litres de moins dans le coffre). Tant mieux, car même s’il offre des cotes confortables pour ses occupants, ce n’est pas le mieux disant du segment.

À bord, la présentation générale bénéficie de l’effet technologique du PHEV, tout en restant très américaine dans la perception. On oscille donc entre premium dans l’inspiration et rustique dans la réalisation. Après tout, ce 4×4, pardon 4xe, doit incarner l’esprit Jeep. Ce qui distingue surtout ce 4xe des autres modèles thermiques de la gamme, ce sont les différents sélecteurs directement liés aux modes électrifiés. Ainsi, en plus de l’habituel bouton rotatif Selec-terrain permettant de choisir le type de terrain d’évolution (la version Trailhawk dispose même d’un vraie mode de franchissement) et du verrouillage des quatre roues motrices et du réducteur de boite, s’ajoutent un sélecteur de mode de propulsion (hybride, électrique ou e-Save), ainsi qu’un bouton permettant de sélectionner la puissance de la régénération sur deux niveaux. Il n’y a pas de mode roue-libre, mais les plus acharnés dans la quête de l’économie pourront toujours jouer du sélecteur de boîte pour passer en Neutre et ainsi profiter de l’erre du véhicule pour évoluer sans consommer, de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres, selon l’anticipation et la topographie.

Enfin, le grand écran central – compatible Apple Car Play et Android Auto – permet d’afficher toutes les informations de la chaîne de traction, du multimédia ou de la navigation embarquée. Une application mobile permet en outre de bénéficier du contrôle de la charge ou du reconditionnement de l’habitacle.

Petite batterie, grande autonomie

En adoptant une conduite volontairement axée sur l’économie, nous avons pu parcourir 47 kilomètres sur les seuls 9 KWh utiles de la batterie du Jeep Compass, soit 5 de mieux que ce que promet l’homologation. Le parcours, composé d’une vingtaine de kilomètres de voies rapides à 110 km/h (on peut rouler en 100 % électrique jusqu’à 130 km/h), puis de départementales à 80 km/h et une faible proportion de voies urbaines, n’était pas spécialement favorable à genre de motorisation, mais correspond assez bien l’usage quotidien qu’en ferait un automobiliste qui utiliserait son véhicule pour aller et revenir au travail. Dans cette fourchette de 50 à 60 kilomètres par jour en moyenne, et avec la possibilité de recharger chaque jour sa batterie, alors la consommation en carburant ne devrait pas excéder quelques litres par semaines, au plus. En revanche, batteries vide, le Jeep Compass 4xe ne peut pas faire de miracle. Ses près de 2 tonnes demandent en effet entre 8 et 9 litres de carburant tous les 100 kilomètres au petit bloc 1,3 litres pour mener à bien sa mission. La consommation normalisée s’établie à 2,1 litres aux cent.

PHEV bien maîtrisé

Au volant, le Compass 4xe se montre particulièrement convaincant. La douceur de la transmission mêlée au relatif confort de l’auto permet de rouler détendu sans ne jamais manquer de reprise grâce au couple généreux du bloc électrique. L’insonorisation est bonne, tant que l’allure ne dépasse pas les limites légales sur nos autoroutes en France. Au-delà, les bruits aérodynamiques rappellent au conducteur qu’il se trouve à bord d’un SUV et non d’une berline. La mixture que sont parvenue à tirer les ingénieurs de Jeep de la boîte automatique à 6 rapports et du système électrique est plutôt agréable. Le passage du tout électrique au thermique se fait sans à-coup, tandis que le dosage du freinage régénératif (au lever de pied, donc) est facile à appréhender, ni trop brusque, ni trop faible.

Il suffit d’une prise

La recharge demandera entre 2 et 5 heures selon que l’on exploite le chargeur embarqué de 7,2 kW sur une wallbox ou une simple prise domestique. L’avantage d’un PHEV est bien de pouvoir rouler électrique sans trop de contraintes techniques.

Proposé à partir de 43 000 euros (hors bonus de 2000 euros), le Compass 4xe n’est pas spécialement une affaire, mais aucun SUV PHEV de ce segment ne peut prétendre l’être. Il est de toute façon impossible de le comparer à un modèle équivalent diesel, Jeep ne proposant qu’un seul moteur mazout de 120 chevaux (à partir de 31850 euros, boite automatique indisponible), tandis que les versions essence s’arrêtent au seuil des 150 chevaux, avec deux roues motrices seulement. Autrement dit, oui,  sur le Compass quatre roues motrices riment désormais uniquement avec PHEV. On vous l’avait dit, tout arrive !


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  • , 17/01/2021 - 07:44

    Pourquoi se compliquer a faire une version phev alors qu'une version mpev 48V combiné au E85 éthanol, serait, moins lourde, moins coûteux, plus autonome pour partir a l'aventure des champs, a part de champs Elysées au se trouve des "prises"... lol

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