Plan de soutien à l’automobile : le gouvernement annonce ses mesures phares

Après la crise sanitaire, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour la relance de la filière automobile, et notamment électrique.

par Soufyane Benhammouda 27 Mai 2020 09:57

Tous les pays autour du globe viennent de traverser la plus importante crise sanitaire du monde moderne. La France ne fait pas exception et a dû mettre sur pause toutes les activités commerciales et confiner la population. Les conséquences économiques sont inévitables, notamment dans le secteur automobile. Pour remonter la pente, le gouvernement, par la voix du Président Emmanuel Macron, a annoncé un plan de relance pour le automobile.

Hors temps de guerre, comme l’a précisé le Président, c’est la première fois que l’industrie enregistre une chute d’activité moyenne de 80 %. Ainsi, pour enrayer le rayonnement économique de cette dégringolade, un plan de relance complet a été mis en place et dévoilé au sein de l’usine Valéo d’Etaples.

Profitant du contexte économique, le gouvernement a donc décidé (enfin ?) d’accélérer la démocratisation de la voiture électrique mais aussi de la mobilité idoine, avec le développement des infrastructures. Et ce pour « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe », comme l’a souligné Emmanuel Macron.

Le plan de relance automobile concerne aussi les hybrides rechargeable

Pour les consommateurs, ce plan de relance va se caractériser par l’apparition de nombreuses aides gouvernementales et mesures incitatives. Ainsi, le bonus écologique sera renforcé à hauteur de 7 000 euros pour tout véhicule électrique vendu sous la barre des 45 000 euros. Au delà, il restera à 3 000 euros jusqu’au seuil de 60 000 euros, à partir duquel aucune prime ne sera versée.

Jusqu’alors perdus en zone neutre malgré leur effort écologique, les hybrides rechargeables peuvent désormais prétendre à un bonus écologique de 2 000 euros. Toutefois, seuls les modèles dotés d’une autonomie électrique supérieure à 50 km et sous la barre des 50 000 euros sont éligibles. Pour les entreprises, le bonus de 3 000 euros sera gonflé à 5 000 euros pour les voitures particulières et les utilitaires légers, tous affichés à moins de 45 000 euros.

Affiché à partir de 43 200 euros et doté d'une autonomie de 59 km (WLTP), le Grandland X Hybrid4 de 300 ch est éligible au bonus
Affiché à partir de 43 200 euros et doté d'une autonomie de 59 km (WLTP), le Grandland X Hybrid4 de 300 ch est éligible au bonus

Une prime à la casse repensée, mais limitée en nombre

Si la période peut être considérée comme propice pour se convertir à l’électrique, les voitures thermiques ne sont pas oubliées, au grand dam des écologiste et associations similaires. Dans son plan de relance automobile, le gouvernement a aussi dynamisé la prime à la conversion. Le critère sur la base du revenu fiscal de référence a été élargi de 13 500 euros à 18 000 euros, alors que les modèles éligibles comprennent désormais les véhicules Crit’air 3, soit des véhicules essence immatriculés avant 2006 ou des diesel immatriculés avant 2011, soit 50 % du parc automobile.

Les ménages concernés pourront ainsi prétendre à une nouvelle prime de 3 000 euros en cas d’achat d’un véhicule thermique neuf et 5 000 euros en cas d’achat d’un véhicule électrique. Les personnes résidant ou travaillant dans des zones à faibles émissions pourront aussi bénéficier d’une surprime de 2 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable. A noter que cette prime sera limitée au 200 000 premières demandes, qui aura pour but de vider les stocks accumulés pendant deux mois de confinement, bien que, selon le Président, « plus de 400 000 véhicules auraient dû être vendus mais ne l’ont pas été ».

En plus de toutes ces mesures, la prime à la conversion électrique pour l’achat d’un véhicule électriques d’occasion sera aussi proposée en cas de rétrofit, qui consiste à convertir un vieux véhicule thermique à la technologie électrique.

Le cumul des primes sera limité à moins de remplir toutes les conditions
Le cumul des primes sera limité à moins de remplir toutes les conditions

La rélocalisation, une condition pour la relance automobile en France

Pour tenir ses engagements et ses annonces, le gouvernement a toutefois demandé aux constructeurs une contrepartie, visant à relocaliser la production en France. Car si toutes ces aides pourraient donner un coup de jus à la voiture électrique, la plupart de ces voitures sont fabriquées à l’étranger : « En 2019, aucun véhicule de ce type (NDLR : véhicules électriques et hybrides rechargeables) n’était produit par PSA sur notre sol. En 2021, l’objectif de 130 000 véhicules devrait être tenu », précise Emmanuel Macron.  Mais ces engagements ne sont pas une mince affaire pour les fabricants. D’après plusieurs études, le coût horaire de la fabrication d’une voiture en France serait proche des 39 euros, soit près de 6 fois plus qu’en Roumanie, par exemple.

Aussi, pour anticiper le développement des voitures électriques en circulation, le gouvernement a annoncé l’accélération du déploiement des bornes de recharge. Un point sur lequel les autorités ont brillé par leur silence et leur absence lors des différentes problématiques rencontrées depuis le début de l’année. Ainsi, aux 100 000 bornes annoncées, le gouvernement veillera à déployer un maillage de 150 km de distance entre chaque bornes.


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