Outlander PHEV, on a testé le SUV hybride rechargeable de Mitsubishi

Le Mitsubishi Outlander PHEV a beau être le véhicule hybride-rechargeable le plus vendu en Europe, et le numéro trois en France, il reste largement méconnu du grand public. Commercialisé depuis 2014, cette version 2019 concentre ses améliorations sur les moteurs électriques et thermiques ainsi que sur la batterie, ne retouchant qu’à la marge le design extérieur. L’occasion pour nous de vérifier la pertinence de cette mise à jour.

par Alexandre Lenoir 22 Fév 2019 10:00

7/10

Mitsubishi Outlander PHEV

Coup de jus !

36 990€  Mitsubishi
On aime
  • Plus de puissance
  • Autonomie accrue en mode électrique
  • Consommation très basse
On n'aime pas
  • Pas de navigation GPS
  • Style vieillissant
  • Poids élevé
Verdict

Si visuellement, on ne peut pas dire que ce nouveau Mitsubishi Outlander PHEV fasse dans la révolution, la partie technique est revue afin de gagner aussi bien en performance qu’en autonomie en mode tout électrique. À l’heure où les autres constructeurs automobiles commencent à peine à se mettre à l’hybride, le constructeur japonais bénéficie d’une belle petite longueur d’avance.

Moteurs1 thermique + 2 électriques
Puissance cumulée230 ch
Transmission4 roues motrices
V max170 km/h
Conso. Moyenne1,8 litre aux 100 km
Fiche technique
Le Mitsubishi Outlander PHEV entend bien confirmer son succès sur le segment de l'hybride rechargeable
Le Mitsubishi Outlander PHEV entend bien confirmer son succès sur le segment de l'hybride rechargeable

C’est en lisière de la Forêt Noire, en Allemagne, et autour de l’Alpe d’Huez en France, que nous avons pris le volant de cette évolution 2019 du Mitsubishi Outlander PHEV. Après cinq ans de maturité, peut-on faire du neuf avec du vieux ?

Non, car le style extérieur reste quasiment inchangé

Si vous n’aimiez pas le style de l’Outlander PHEV, passez votre chemin. Sinon, foncez. En effet, cette version 2019 ne lui apporte que des retouches qui passeront inaperçues si vous ne mettez pas les deux générations côte à côte. Certes, sur ce SUV de 4,70 mètres de long, les designers de Mitsubishi ont revu la calandre, le becquet ainsi que les boucliers et les feux avant et arrière, mais la ligne générale est inchangée. L’avenir nous dira s’il s’agit là d’un mal pour un bien car, si l’Outlander PHEV est pour l’instant numéro un des hybrides rechargeables, de nouvelles offres proposées par la concurrences pourraient finir par lui faire de l’ombre. Nous vous proposerons d’ailleurs très prochainement un comparatif avec son cousin japonais, le Honda CR-V hybride.

Si quelques éléments stylistiques ont été revus, la ligne générale demeure inchangée
Si quelques éléments stylistiques ont été revus, la ligne générale demeure inchangée

Oui, car l’intérieur fait un grand bond en avant

En réalité, il faut passer la porte de l’Outlander pour prendre une première mesure des améliorations offertes au véhicule. Le dessin des sièges a en effet été entièrement revu pour devenir plus enveloppant et, sur les finitions haut de gamme, le superbe cuir matelassé qui habille la sellerie est aussi beau que confortable. Tout comme le volant, ces sièges sont chauffants, un équipement toujours bienvenu l’hiver. Les matériaux de la planche de bord sont classiques et font largement appel au plastique, mais les assemblages sont précis. L’ambiance reste sobre et semble en mesure de passer les années sans souffrir.

Du côté de l’équipement, le combiné porte-instruments a lui aussi été revu. L’instrumentation mêle l’analogique classique des aiguilles avec le numérique qui permet de renseigner le conducteur sur la manière dont sont sollicités les différents moteurs. L’écran centrale complète la panoplie et pilote de nombreuses fonctions de la voiture. L’ergonomie, quant à elle, reste très japonaise avec de nombreux boutons disposés un peu partout autour du poste de conduite.

Une très belle sellerie cuir matelassée et des ajustements précis caractérisent cet intérieur soigné
Une très belle sellerie cuir matelassée et des ajustements précis caractérisent cet intérieur soigné

Oui, pour l’autonomie électrique améliorée

Mitsubishi l’assure, l’Outlander PHEV est un véhicule électrique auquel on a ajouté un moteur thermique et non le contraire. Quoiqu’il en soit, cette nouvelle version voit la capacité des batteries augmenter, passant de 12 kWh à 13,8 kWh. Avec une charge pleine, nous avons pu constater qu’il était facile de dépasser 50 kilomètres sans brûler une seule goutte d’essence, ce qui n’est pas si mal s’agissant d’un véhicule de près de deux tonnes. Il nous faut d’ailleurs souligner la puissance de régénération obtenue dans les phases de décélération. Celle-ci peut être modulée grâce aux palettes situées de part et d’autre du volant jusqu’à disposer d’un freinage presque aussi efficace qu’avec les disques de la voiture. Si vous savez anticiper vos freinages, vous n’êtes pas prêt de venir à bout de vos plaquettes ! Dans certaines situations, nous avons pu obtenir près d’un kilomètre d’autonomie supplémentaire pour une décélération de seulement 500 mètres.

Bien évidemment, l’autonomie électrique dépend aussi de la nature du terrain. En montagne, si la descente du col permet de rouler gratuitement, en conservant la pleine charge de la batterie, la remontée aura évidemment plus vite fait de vider cette dernière qu’une route sans dénivelé. Dans la remontée de l’Alpe d’Huez, venant de Bourg-d’Oisans, nous sommes toutefois parvenu à quelques virages de notre but sans utiliser le moteur thermique. Et puisque l’on parle de batterie, outre la possibilité de recharger en roulant grâce à la récupération d’énergie ou en s’aidant du moteur thermique, la charge complète s’obtient entre 25 minutes et 5h30 sur une prise domestique, selon sa capacité.

L'autonomie en mode électrique est le point fort de ce SUV
L'autonomie en mode électrique est le point fort de ce SUV

Oui, car l’équipement est pléthorique

Dès le premier niveau de finition, l’Outlander se montre généreux avec son propriétaire, tant en équipements de confort que de sécurité. On dispose ainsi d’une climatisation bi-zone, d’un accès et d’un démarrage sans clé, de la compatibilité CarPlay et Android Auto, d’un régulateur/limiteur de vitesse, de la téléphonie Bluetooth ou encore d’une aide au stationnement.

Les versions supérieures apportent en plus un système audio mieux disant, un contrôle à distance de la voiture grâce à une application mobile, le préconditionnement de l’habitacle (chauffage ou climatisation), les radars anti-collision avant et arrière, l’aide au maintien en ligne, on en passe. Sur la version ultime, baptisée Instyle, on dispose même de deux prises 220 volts capables de délivrer 1 500 watts moteur éteint, soit de quoi alimenter de nombreux appareils gourmands, tels un aspirateur ou une machine à espresso !

Le tableau est plutôt beau, mais comporte une petite lacune qui pourrait en gêner certain : aussi riche soit-il l’équipement ne propose en effet pas de navigation GPS. Pour cela, il faudra utiliser une application Apple CarPlay ou Android Auto compatible, avec certes l’avantage de bénéficier d’une cartographie toujours à jour et d’une info-trafic performant… à condition d’avoir du réseau !

Certains crieront au gadget, nous on aime pouvoir disposer de 1 500 watts sous 220 volts à bord !
Certains crieront au gadget, nous on aime pouvoir disposer de 1 500 watts sous 220 volts à bord !

Oui, grâce à un agrément amélioré

Sous le capot, tout change. Le constructeur a remplacé l’ancien bloc quatre cylindres 2 litres par une version 2,4 litres à cycle Atkinson développant 135 chevaux. Ça semble peu, mais ce moteur n’est accouplé à la transmission que lorsque les moteurs électriques (un sur chaque essieu) ne parviennent plus à délivrer assez de puissance. Les moteurs électriques sont eux aussi plus puissant, avec respectivement 82 et 95 chevaux sur les trains avant et arrière. Cette puissance supérieure bénéficie évidemment à l’agrément de conduite et par extension au confort. Au total, pas moins de 240 chevaux de puissance cumulée peuvent être obtenus au profit de belles accélérations.

De nouveaux modes de conduite (neige et sport) ont par ailleurs été ajoutés au programme. Ils gèrent la cartographie des moteurs et la répartition du couple sur les roues avant et arrière en fonction de l’adhérence. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler que ce SUV est aussi un vrai 4×4 qui bénéficie de la technologie SAWC du constructeur japonais. En performances pures, toutefois, l’Outlander reste limité, avec une vitesse maximum de 170 km/h, laquelle suffira de toute façon à perdre son permis de conduire.

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Il faut de 25 minutes à 5h30 pour faire le plein d'électricité sur une prise de type Chademo
Il faut de 25 minutes à 5h30 pour faire le plein d'électricité sur une prise de type Chademo

Non, car le poids des années demeure

Même amélioré, il ne s’agit ici que d’une tentative de faire du neuf avec du vieux. Le Mitsubishi Outlander reste un véhicule de conception déjà ancienne et qui doit gérer en plus le poids de ses batteries. Si le roulage dans le silence de l’électrique est un luxe qui ne se discute pas, le comportement routier se montre vite pataud lorsqu’il faut donner du volant, notamment en montagne. Néanmoins, à allure modérée, conduire cette auto reste très plaisant.

Et ce qui lui reste de l’ancien monde, à savoir son moteur thermique, ne fait évidemment pas de miracle une fois la batterie épuisée. Sur autoroute, il puise alors dans son réservoir près de 9 litres de carburant aux cent kilomètres parcourus aux allures légales. Ce n’est certes pas rédhibitoire, mais paradoxalement ce SUV familial spacieux et confortable tirera davantage son épingle du jeu sur les courtes et moyennes distances où il se montre très sobre grâce à son autonomie électrique, que lors des longues transhumances.

 

L'instrumentation ne cède pas à la mode du tout numérique
L'instrumentation ne cède pas à la mode du tout numérique

Oui, car il rend sa technologie accessible

Si la fiscalité française a – pour le moment – cessé de favoriser les véhicules hybrides rechargeables en ne leur octroyant plus aucun bonus, l’Outlander PHEV demeure cependant une auto relativement accessible dans son genre. Le modèle de base est proposé au prix catalogue de 36 990 euros, mais il bénéficie d’une remise officielle de 3 500 euros à laquelle on pourra ajouter une aide à la reprise de 1 000 euros minimum. Soit 4 500 euros d’économie qui font descendre la douloureuse à 32 490 euros. Ne cherchez pas, la plupart de ses concurrents thermiques ou hybrides classiques sont bien plus chers. De quoi minimiser le poids de ses petites lacunes !

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  • Foggxmay, 12/04/2019 - 11:10

    Bonjour,
    J'aimerai vraiment acheter ce modèle mais j'ai peur, par rapport au couple moteur en tout électrique. A-t-on des sensations de couple quand même ?
    Actuellement je roule en Nissan X-trail de 2016 avec 240 Nm de couple et 163 CV. Cest assez correct.
    À votre avis au niveau des accélérations est-ce que je risque d'être déçu ?

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    • Alexandre, 12/04/2019 - 12:24

      @Foggxmay - "Bonjour,
      <..."
      ---
      Ça ne devrait pas être un problème. Les moteurs électriques développent un couple instantané (dès 0tr/minute), ce qui compensera la nécessité de monter en régime sur votre moteur thermique actuel. Je suis sûr qu'un concessionnaire Mitsubishi se fera un plaisir de vous faire essayer l'auto pour juger par vous même !

  • GOLDFARB, 27/02/2019 - 09:37

    Propriétaire de l’engin depuis fin septembre je plebiscite votre article qui rend parfaitement compte de l’ensemble de ses caractéristiques. On peut y ajouter et ce n’est pas anecdotique qu’il correspond aux nouvelles normes et échappe ainsi à la TVS....Un sérieux atout supplémentaire pour la « bête » ...pas si bête...

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    • Alex, 27/02/2019 - 13:21

      @GOLDFARB - "Propriétai..."
      ---
      Merci pour vos précisions !

    • Alex, 27/02/2019 - 13:21

      @Rochain - "Je suis to..."
      ---
      👍🏻

  • JPS, 26/02/2019 - 10:32

    Un gros plus : le coffre, alors que les autres hybrides (et surtout rechargeables (toyota, lexus, kia) n'ont pas de coffre. Un gros point négatif la prise CHademo, car la norme en europe est CCS ... et oui effectivement l'on a l'impression d'être dans une voiture qui à 10 ans de retard... pas beaucoup d'aides à la conduite, bref, actuellement elle est bien seule (avec BMW 225XE) Le gros problème, c'est qu'elle est grande, donc il faut de la place, et le prix il faut vivre à Paris... la même motorisation sur l'éclipse et c'est le bingo (mais y aura t'il un coffre ???)

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    • Alexandre, 27/02/2019 - 13:22

      @JPS - "Un gros pl..."
      ---
      C'est vrai qu'elle n'a pas toutes les dernières aides à la conduite, mais ce n'est pas rédhibitoire à mon sens. Le reste de son équipement est très convenable.