MWC 2019 – BMW Natural Interaction un copilote qui obéit au doigt et à la voix

Pointer un objet du doigt pour obtenir des informations ou piloter des systèmes embarqués dans la voiture. C’est ce que prépare BMW pour la future iNext avec BMW Natural Interaction. Une solution qui pourrait bien révolutionner les interfaces homme/machine tels qu’on les connait.

par Driss Abdi 27 Fév 2019 14:38

Après le CES de Las Vegas, salon dédié à l’électronique grand publique, c’est au tour du MWC (Mobile World Congress) spécialisé dans la téléphonie mobile, d’accueillir des lancements liés au monde de l’automobile et de la mobilité. À l’instar d’autres objets de notre quotidien, les voitures sont de plus en plus connectées et la convergence avec le smartphones et les infrastructures est d’autant plus évidente. Démonstration.

La BMW Vision iNext
La BMW Vision iNext

C’est dans ce contexte que BMW a profité de l’évènement pour dévoiler une toute nouvelle expérience utilisateur baptisée BMW Natural Interaction. À côté de la nouvelle Série 3, dont nous vous proposerons un essai complet très prochainement, trônait le concept Vision iNext découvert au dernier salon de Los Angeles en novembre dernier. Un SUV impressionnant avec sa calandre revisitée, ses portes antagonistes ou encore son intérieur futuriste et le diffuseur arrière emprunté à la Formula E.

Du bout du doigt

Pour rappel, le concept devrait aboutir à une version de série baptisée BMW iNext et attendue en 2021. Elle devrait s’accompagner du système BMW Natural Interaction qui ambitionne donc de révolutionner la manière dont nous agissons avec la voiture et son environnement. Pour sa démo Virtual Drive au MWC, BMW nous a proposé de porter un casque de réalité virtuelle nous donnant l’occasion de conduire la voiture. Dans la simulation, cette dernière vient nous récupérer en mode autonome au pied d’un immeuble et nous voilà assis au volant.

Une fois arrivé sur une autoroute virtuelle, la iNext prend les commandes et les pédales se rétractent. On peut alors admirer le paysage à sa guise et il suffit de pointer du doigt sur n’importe quel bâtiment à l’extérieur de la voiture en demandant à cette dernière ce que c’est, pour obtenir immédiatement une réponse. Concrètement, une fois au volant de la iNext, il sera par exemple possible de montrer un restaurant pour que la voiture nous informe sur le type de cuisine, les heures d’ouverture, et même de nous proposer de réserver une table. 

La démonstration en réalité virtuelle comportait d’autres cas d’usage. Par exemple en croisant un cinéma, il suffit de pointer le doigt sur lui pour connaitre les films à l’affiche et l’heure des prochaines séances. Il sera au final possible d’acheter un ticket en demandant à la voiture. En imaginant qu’on se trouve dans un environnement compatible avec la conduite autonome (sur l’autoroute par exemple), les fauteuils de la BMW iNext pourront s’incliner automatiquement pendant qu’on regarde une bande-annonce du film sélectionné.

Alors il faut bien l’avouer, tout cela semble bien futuriste. Pourtant, BMW Natural Interaction est proche de la version de série d’après Christoph Grote, SVP (Senior Vice-Président) chargé de l’innovation chez BMW.

Christoph Grote, SVP chargé de l'innovation chez BMW
Christoph Grote, SVP chargé de l'innovation chez BMW

Simplifier la voiture

D’ailleurs les usages concrets ne manquent pas pour faire de BMW Natural Interaction un véritable copilote reposant non seulement sur les gestes et la commande vocale, mais également sur le regard du conducteur. Le système met ainsi à profit la caméra placée au niveau des instruments de bord, telle que celle qui équipe les modèles récents de la marque. Intérêt de cette solution, pouvoir demander directement à la voiture à quoi sert tel ou tel bouton en le montrant du doigt. Et ce n’est pas tout, il sera carrément possible de justement limiter le nombre de boutons pour certaines actions occasionnelles : ouvrir le toit ouvrant en pointant le doigt vers lui et en demandant l’ouverture, même chose pour la fenêtre passager, etc.

Pour finir, BMW Natural Interaction pourra également aider dans les manoeuvres de stationnement. Lorsque vous verrez une place de disponible, il suffira là encore de la montrer du doigt et de dire à la voiture de se garer. Elle prendra alors le relais en mode 100% autonome. Les allergiques aux créneaux vont en raffoler.

Big data et intelligence artificielle

Bien plus évolué que Gesture Control lancé par BMW en 2015, BMW Natural Interaction repose sur plusieurs capteurs qui sont intégrés à l’intérieur et à l’extérieur de la iNext. Outre la caméra qui analyse le regard du conducteur (mais également son état de fatigue comme actuellement), une deuxième caméra est intégrée dans le rétroviseur intérieur. Celle-ci bénéficie d’un objectif grand angle afin de détecter non seulement les gestes du conducteur mais aussi ceux du passager. Ces éléments sont interfacés avec la caméra extérieure qui va pouvoir identifier les objets qui les intéressent sur le parcours.

Les données sont traitées localement à l’aide du Big Data et d’une cartographie à la fois SD et HD de Here, surtout en cas de mauvaise réception ou simplement d’absence de couverture réseau. Durant notre entretien, l’ingénieur BMW a longuement insisté sur la confidentialité des données collectées. Il nous a notamment été précisé que les informations ne sont envoyées à BMW Cloud dans le Data Center de Munich, que lorsque la commande vocale est activée.

D’autres technologies qu’on retrouve notamment dans la téléphonie mobile sont également mises à profit. On pense évidemment à l’intelligence artificielle pour la reconnaissance vocale et celle des mouvements, mais aussi la 5G. Outre la vitesse bien plus élevée des transferts de données, celle-ci assure également une latence désormais imperceptible à l’oeil humain. De quoi garantir la réactivité de BMW Natural Interaction au quotidien.


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