Mercedes Classe S restylée : Fait-elle toujours rêver ?

Limousine la plus vendue dans le monde la Mercedes Classe S, c’est celle que l’on retrouve généralement garée devant tous les palaces du monde. Extrêmement exigeante, leur clientèle n’imagine pas rouler dans quelque chose de moins haut de gamme, mais les concurrents sont bien là. Désormais, Rolls Royce et Bentley affichent des ventes record tandis que BMW et Audi talonnent Mercedes sur ce marché. Alors cette Classe S mérite t-elle toujours le statut de référence ?

par Nico Heidet 04 Oct 2018 10:00

9/10

Mercedes S560

La plus vendue des limousines

à partir de 93 249 euros 
On aime
  • Style indémodable
  • Intérieur parfait
  • Confort global
  • Niveau de sécurité embarqué
On n'aime pas
  • Ses trop nombreux boutons sur le volant
  • Freinage sur circuit
  • Liste d’options interminable
Verdict

La limousine la plus vendue dans le monde vient de chez Mercedes. Et croyez nous, cela s’explique ! En dehors d’une ligne toujours aussi élégante et qui a même eu tendance à s’affiner avec le temps, la Mercedes Classe S demeure l’une des plus grandes voitures plaisir aussi bien pour sa présentation globale que pour son accueil et son confort de conduite que très peu de constructeurs arrivent à égaler. Alors en ajoutant de nouveaux moteurs et une partie high-tech totalement revue, cette limousine ne semble pas près d’être détrônée.

Moteur8 cylindres essence + moteur électrique
Puissance469 ch
0 à 100 km/h4,6 secondes
Consommation moyenne 9 litres aux 100 km
Fiche technique

Faut-il craquer pour la nouvelle Mercedes Classe S ?

Oui, pour son style

Indémodable, c’est ce qui peut venir à l’esprit à la vue de la version restylée de la Mercedes Classe S. Pourtant, en regardant en arrière, les anciennes générations, s’il est vrai que certaines peuvent avoir pris un petit coup de vieux, parviennent à conserver une certaine élégance classique mais efficace. C’est justement le cas de cette nouvelle Classe S. Et même si cette version restylée n’apporte pas grand chose visuellement. On remarquera simplement la grille de calandre dont le dessin évolue légèrement et les feux à LED avant et arrière légèrement modifiés. Toujours est-il que le résultat fonctionne à merveille et Mercedes parvient à donner à sa limousine une ligne équilibrée et élégante sans faire dans le tape à l’oeil. Une bonne chose notamment pour la clientèle visée.

Oui, pour sa nouvelle présentation intérieure

C’est un point commun à toutes les limousines haut de gamme du marché. Une Audi A8 ou une BMW Série 7 se doit d’être au top du haut de gamme. Sans atteindre vraiment le niveau d’une Rolls Royce Phantom, la Classe S, dans cette version restylée parvient tout de même à détrôner des marques comme Bentley. Rien que ça. Elle le doit non seulement au choix très judicieux des matériaux utilisés (aluminium, boiseries nobles, cuirs pleine fleur ou encore carbone quand il s’agit des versions les plus sportives), mais aussi à la nouvelle ergonomie. Comme sur la précédente Classe S, il est question de deux grands écrans, sauf que le constructeur est parvenu à les joindre en un seul bloc beaucoup plus esthétique. 

La présentation de la nouvelle Mercedes Classe S est tout simplement irréprochable.
La présentation de la nouvelle Mercedes Classe S est tout simplement irréprochable.

Oui, pour sa nouvelle interface

Là où Mercedes, et notamment la Classe S se trouvait un brin dépassée par Audi et BMW, c’était sur son système de gestion d’info-divertissement. Il fallait souvent utiliser la petite molette centrale, valider avec un bouton en façade. Sans oublier le pavé numérique des anciennes générations qui n’a, depuis quelques années, plus aucun intérêt.

La nouvelle Classe S, au même titre que la récente nouvelle Classe A, hérite d’un système assez proche de ce que l’on trouvait il y a un peu plus de deux ans dans la Classe E. Il s’agit, comme expliqué plus haut, d’un double écran. Le côté gauche réuni toutes les informations liées à la conduite (compteurs, consommation, etc.), alors que la partie droite regroupe le système d’info-divertissement. Le nouveau volant dispose de deux mini trackpads permettant de naviguer et de valider dans l’un ou l’autre des écrans. De quoi éviter les gestes sur la console centrale lorsqu’on est en train de rouler. L’ensemble a gagné en simplicité et en rapidité. Notez qu’il est possible d’appairer très rapidement n’importe quel smartphone en utilisant soit la fonction CarPlay, soit Android Auto, ou le système Mercedes très bien conçu.

Le double écran de la Classe S a été intégralement revu.
Le double écran de la Classe S a été intégralement revu.

Non, pour son volant finalement moins pratique

Et oui, il fallait bien un petit défaut sur cette nouvelle Classe S. Il n’est pas insurmontable pour autant mais sachez qu’après des décennies d’implantation du régulateur/limiteur de vitesse sous la forme d’une tige/commodo située à gauche du volant, les habitués de la marque vont devoir se fair à des boutons supplémentaire situés directement sur le volant. Comme si la gestion du son, des plages, des deux écrans ne leur suffisaient pas. Cela n’a rien d’aggravant car finalement, sur ce point précis, Mercedes fait comme les autres constructeurs automobiles.

Pour la première fois dans une Classe S, le régulateur de vitesse est situé sur le volant.
Pour la première fois dans une Classe S, le régulateur de vitesse est situé sur le volant.

Oui, pour sa suspension extraordinaire 

Lors du lancement de la Classe S en 2013, Mercedes innovait avec une suspension plus intelligente que jamais : le Magic Body Control. Le principe utilise une caméra implantée derrière le rétroviseur central dont le rôle est de lire la route, et plus précisément les imperfections de revêtement ou encore les ralentisseurs plus ou moins massifs. Une fois l’information collectée, le système adapte instantanément le réglage des suspensions de manière à ce que les occupants ne sentent rien à bord. Concrètement, ceux qui pensent que prendre une vraie tasse de thé à l’arrière d’une voiture tient de l’utopie, vont peut être pouvoir changer d’avis.

La Classe S est la première voiture à avoir inauguré une caméra qui adapte la suspension après avoir analysé l'état de la route.
La Classe S est la première voiture à avoir inauguré une caméra qui adapte la suspension après avoir analysé l'état de la route.

Oui, pour ses places arrière

Quand on opte pour une limousine, ce n’est généralement pas pour la conduire. Et on aura beau justifier de toutes les manières possible qu’on est bien derrière le volant d’une Mercedes Classe S, à l’arrière, c’est souvent mieux ! Et cela se confirme dans cette version restylée avec des sièges extrêmement confortables.

Les places arrière sont d’ailleurs un éléments déterminant lors d’une commande puisqu’elles permettent une multitudes de possibilités aussi bien en qualité de cuir, en équipements comme la ventilation intégrée et bien entendu les massages. Dans les versions longues, voire la finition Maybach (dont le style extérieur diffère de la Classe S « normale »), les deux sièges arrière permettent carrément de voyager en position quasiment allongée. 

Oui, pour son agilité

Depuis fort longtemps, là où une BMW Série 7 se montre efficace, notamment dans les enchainements de virages, une Mercedes Classe S aura tendance à être pataude, généralement pénalisée par une suspension moins efficace. Ce n’est aujourd’hui plus qu’une simple idée reçue car la firme de Stuttgart a beaucoup progressé dans ce domaine, au point de pouvoir quasiment rivaliser avec une Porsche Panamera sur un circuit. Pour cela, la suspension pneumatique s’occupe de corriger tous les mouvement de caisse afin de garder une assiette parfaite. A vrai dire, seul le freinage, en conditions vraiment extrêmes, affichera un manque d’endurance.

Oui, pour sa conduite semi-autonome

Jusqu’ici sur les Mercedes Classe S, on pouvait apprécier le régulateur de vitesse adaptatif. Le principe utilise un radar à l’avant qui va déterminer la vitesse et la distance de la voiture qui vous précède et adapter constamment votre vitesse. Ce qui a vraiment évolué ces dernières années avec les régulateurs, c’est qu’ils fonctionnent jusqu’à l’arrêt total de la voiture et peuvent ainsi intervenir dans des embouteillages sans que le conducteur n’ait à redémarrer à chaque fois.

La vraie nouveauté ici (inaugurée toutefois sur la Classe E en 2016), c’est la possibilité de changer de voie sans toucher au volant. En utilisant le régulateur, il suffit au conducteur de mettre le clignotant dans la direction voulu pour que la voiture change de voie toute seule. Là encore, il est question d’un vrai petit arsenal comprenant radars, capteurs à ultrason et caméras afin de contrôler tous les éléments situés plus ou moins près de la voiture.

La Classe S peut changer de voie toute seule sur autoroute. Il suffit d'actionner le clignotant.
La Classe S peut changer de voie toute seule sur autoroute. Il suffit d'actionner le clignotant.

Oui, pour son nouveau « 6 en ligne »

Là reconnaissons le, c’est notre passion pour l’automobile qui s’exprime ! Imaginez que le spécialiste du moteur 6 cylindres en ligne (en l’occurence BMW), dont la sonorité des moteurs est aussi connue dans le monde que celle de chez Ferrari ou encore Porsche, ait tendance à le faire disparaitre de sa gamme au profit de moteurs 4 cylindres turbo en grande majorité.

C’est en quelques sortes ce qui arrive à la S500 qui se débarrasse de son ancien V8 pour adopter un nouveau moteur 3.0 litres 6 cylindres en ligne dont la particularité est d’être dopée par un turbo et un compresseur, sans oublier son fonctionnement micro-hybride utilisant un réseau électrique de 48V (Et oui, vu l’armada d’équipement qu’embarque une Classe S, il faut bien ça !). Ce nouveau moteur est décliné en deux niveaux de puissance : 367 ch pour la S450 (constituant l’entrée en gamme) et 435 ch pour la S500. Et curieusement, la sonorité de ce moteur 100% Mercedes est assez proche de son concurrent bavarois. Cela dit, personne ne pourra s’en plaindre.

Oui, pour sa version sportive 63 AMG

Mercedes n’a pas oublié de proposer son vaisseau amiral dans des versions plus radicales. C’est le cas des deux versions AMG. Alors que la S63 AMG embarque déjà un moteur V8 4.0 litres biturbo affichant 612 ch, la S65 AMG abrite l’un des désormais très rares V12 du marché pour délivrer 630 ch.

Dans la pratique, on préférera de loin la version S63 AMG. D’abord parce que la sonorité de son V8 est beaucoup plus enivrante que celle du V12. Mais aussi pour ses performances et son agilité grâce à sa transmission à 4 roues motrices (la S65 AMG n’est disponible qu’en propulsion). Malgré son poids élevé (plus de 2 tonnes sur la balance), notre S63 AMG se révèle étonnamment agile aussi bien sur routes sinueuses en adoptant une conduite soutenue, qu’à très haute vitesse sur circuit. Notre limousine se permet même de venir titiller la Porsche Panamera dans sa version Turbo.

Avec son bloc V8 biturbo de 612 ch, la S63 AMG est la plus radicale des Classe S.
Avec son bloc V8 biturbo de 612 ch, la S63 AMG est la plus radicale des Classe S.

Non, pour sa liste d’options

A l’image de la plupart de ses concurrentes germaniques, la Mercedes Classe S est une voiture que l’on peut personnaliser presque à l’infini. Raison pour laquelle cette limousine, si chère soit elle au départ, est bien équipée mais… sans plus.

Pour obtenir une voiture aussi bien dotée que notre modèle d’essai, il faut alourdir la facture et cela peut aller très loin. Disons qu’une moyenne autour des 30 000 euros permet déjà d’être proche de la réalité. Mais cela reste le prix à payer pour obtenir l’une des limousines les plus sûres, les plus confortables, les plus accueillantes mais aussi les plus performantes du monde. Alors même si pour sa liste d’options, chez Nexxdrive, on dit non, pour le reste, on est plutôt d’accord…


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