Land Rover Defender 2020 : que vaut le plus techno des 4×4 ?

Vous aussi, l’association des mots Defender et « techno » vous a interpelé ? Si pour vous le nom de ce 4x4 anglais vous renvoie inévitablement à l’image d’une boîte à chaussure montée sur crampons, il va vous falloir changer votre logiciel. En 2020, le Land Rover Defender est tout simplement le plus techno des 4x4. Mais que vaut-il sur le terrain ?

Alexandre Lenoir

Ses origines lointaines remontant à la Jeep Willys, le tout premier Land-Rover Serie I né en 1948 ne peut pas être soupçonné d’être dépourvu de gènes tout-terrain. Le nom Defender, lui, n’a été mis sur la route qu’en 1990, mais jusqu’en 2016 et le retrait du modèle du catalogue, la recette est peu ou prou restée la même. Un Land Rover Defender, c’est d’abord un outil avant d’être une voiture. Rustique par design, réparable avec du fil de fer et un bon tourne-vis (oui, c’est du vécu), l’engin a été conçu d’emblée pour affronter les pires terrains, n’importe où dans le monde. C’est pourquoi cette toute nouvelle version 2020 a de quoi déconcerter.

© Soufyane Benhammouda / AMAM
© Soufyane Benhammouda / AMAM

Un design résolument Land-Rover

Dire que l’engin n’a rien d’impressionnant serait mentir. Notre Land-Rover Defender d’essai, une version P400 à châssis long, mesure un peu plus de 5 mètres de long pour 2 mètres de large et quasiment autant de haut. C’est 1 mètre de long de plus que le plus long des premiers Defender. Mais surtout, c’est un véhicule dans lequel il faut littéralement faire l’effort de monter. Le dessin s’éloigne du tracé que Maurice Wilks avait donné au modèle originel. Mais ses angles francs, ses courbures de flanc réduites au minimum et sa garde au sol généreuse (29 centimètres !) évoquent instantanément bourbiers, dévers et autres ornières. Et si l’on prend la peine de jeter un œil sous la voiture, on appréciera le vrai fond plat qui vous évitera l’angoisse d’abimer quoi que ce soit si jamais « ça touche ». Pas de doute, cette auto-là appelle le tout-terrain.

© Soufyane Benhammouda / AMAM
© Soufyane Benhammouda / AMAM

Un intérieur à la fois rustique et moderne

L’intérieur du nouveau Defender, c’est un peu la synthèse entre celui de l’ancienne génération et d’une Mercedes Classe G actuelle. L’apparence est rustique, mais l’équipement est doté des technologies dernier cri. Ainsi, les contre-portes et le mobilier rivetés se mêlent à une forêt d’écrans de contrôle, de boutons et de panneaux tactiles. Pas sûr que l’on puisse nettoyer l’intérieur au jet d’eau, mais question ambiance on est bien dans un 4×4 moderne.

© Soufyane Benhammouda / AMAM
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Une débauche de technologies dédiées au 4×4

Le poste de pilotage offre une vue plongeante sur une instrumentation 100 % numérique dont le conducteur peut personnaliser l’affichage. Au centre, rebelote : le second écran situé juste au-dessus du sélecteur de vitesse servira pour tous les autres usages, tant multimédia que tout-terrain. Juste au-dessus, enfin, le rétroviseur peut passer du miroir classique à l’écran vidéo renvoyant l’image d’une caméra située sur le hayon du véhicule. Si en condition normale cette image vidéo est dérangeante (vous ne pouvez pas voir vos passagers à l’arrière, par exemple), elle est en revanche bienvenue une fois votre coffre chargé jusqu’au plafond ou que vous avez installé une remorque compatible.

Mais c’est une fois le mode off-road enclenché sur le sélecteur Terrain Response que ce qu’affiche l’écran central devient hors du commun. Tout d’abord, il y a la désormais classique image dite 360° du véhicule, qui permet de voir d’un coup d’œil ce qui se situe sur les flancs, devant ou derrière. Mais il y a aussi un mode déporté qui vous donnera l’impression de voir votre véhicule dans son environnement comme si vous le suiviez ou le précédiez à quelques mètres de distance. Et là, le rendu est totalement bluffant. À partir des multiples caméras qui l’équipent, Land-Rover est parvenu à reconstituer une image très fidèle des abords du véhicule.

Enfin, cet écran permet également de sélectionner les différents outils dont dispose le franchisseur pour accomplir son parcours : blocages des différentiels, inclinomètres, hauteur des suspensions et on en passe. Pour un peu, on pourrait croire que la voiture saura évoluer toute seule en terrain difficile, mais il n’en est rien.

© Soufyane Benhammouda / AMAM
© Soufyane Benhammouda / AMAM

Des capacités 4×4 hors-norme

Si les pneus route notre Defender d’essai feraient sourire n’importe quel trialiste, ils ne retirent cependant rien à sa fiche technique, laquelle affiche une géométrie particulièrement convaincante. Au gré des réglages de suspension, l’angle d’attaque peut en effet atteindre 38 degrés, l’angle de fuite 40 degrés et l’angle ventral 31 degrés. Pour les passages de gué, vous pourrez évoluer sereinement jusqu’à 90 centimètres de profondeur d’eau. Vous n’avez pas de mètre avec vous ? Pas de problème, l’écran central détecte votre passage à gué et affiche la profondeur en temps réel. Si nous n’avons malheureusement pas eu le loisir de tester cette dernière fonction, notre parcours tout terrain nous a cependant permis d’apprécier à minima le comportement délicat et sûr de ce gros bébé de près de 2,4 tonnes.

© Soufyane Benhammouda / AMAM
© Soufyane Benhammouda / AMAM

Un 4×4 pour monsieur tout le monde ?

Ne vous y trompez pas. Si le sélecteur Terrain Response peut vous évoquer le 4×4 pour les nuls, où il n’y aurait qu’à choisir le programme et se lancer comme on peut le faire avec le mode paysage sur un appareil photo, faire du tout terrain nécessite un minimum de compétences que l’auto ne vous fournira pas. En revanche, si vous savez où vous mettez vos roues et comment évoluer en terrain hostile, alors les technologies du Defender 2020 vous apporteront un regain de sérénité. Notamment en vous permettant dans bien des situations d’éviter d’envoyer un éclaireur ou de descendre vous-même apprécier le placement de vos roues à l’abord d’un obstacle, par exemple.

Reste aussi que cette médaille technologique a plusieurs revers. Le Defender 2020 ne se répare plus avec un fil de fer au milieu de la brousse. Mais encore et surtout, il n’est pas à la portée du premier venu. Notre P400 d’essai, par exemple, est facturé au minium 73 200 euros dans sa version 110 (châssis long, V6 essence de 400 chevaux), auxquels vous n’oublierez pas d’ajouter 20 000 euros de malus. L’accès à la gamme, en version 90D200, nécessite de débourser 49 900 euros et d’y ajouter 11 500 euros de malus. Enfin, notez qu’une version PHEV ne devrait plus tarder à voir le jour.


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