L’Alfa Romeo Giulia est-elle la meilleure berline du monde ?

Plébiscitée par les professionnels du secteur et la presse, l'Alfa Romeo Giulia peine à trouver son public. La version 2020 peut-elle changer la donne ?

Alexandre Lenoir

Lancée en 2016, l’Alfa Romeo Giulia est boudée par le public face aux SUV qui sont plébiscités. Pourtant, en témoignent les multiples récompenses dont la berline au Biscione a été gratifiée depuis son lancement, cette auto n’est pas dénuée de qualités. La presse en a même fait une berline référente à bien des égards. Avec ce modèle 2020, Alfa Romeo n’entend cependant pas chambouler l’auto, mais espère simplement que quelques retouches technologiques suffiront à lui redonner l’élan qui lui manque. Raison de plus de craquer pour cette Giulia ?

8/10

Alfa Romeo Giulia 2020

La meilleure des berlines ?

À partir de 36 700 euros 
On aime
  • L'agrément routier
  • La présentation intérieure
  • les ADAS complètes
  • l'interface repensée du système multimédia
On n'aime pas
  • Le tarif conséquent
  • L'habitabilité limitée à l’arrière
Verdict

Il n’y a objectivement que peu de choses à objecter à la Giulia. Son design italien fait généralement consensus, ses qualités routières sont avérées, ses motorisations sont généreuses, ses technologies sont à jour et l’auto offre sécurité, sensations et confort à son conducteur. Reste à la marque à convaincre l’acheteur de pousser la porte d’une concession pour qu’il le vérifie par lui-même.

Puissance (à partir de)136 ch (diesel) / 200 ch (essence)
0 à 100 km/h9,5 s (diesel) / 6,6 s (essence)
Couple (à partir de)450 Nm à 1 750 tr/min (diesel) / 330 Nm à 1 750 tr/min (essence)
Émissions CO2 (WLTP)137-149 g (diesel) / 171-184 g (essence)
Coffre480 litres
Fiche technique

Oui, pour tout ce que l’Alfa Romeo Giulia avait déjà

La plateforme Giorgio sur laquelle sont conçues la Giulia et le SUV Stelvio n’a plus rien à prouver. Comportement routier référent, freinage by wire innovant, auxquels s’ajoutent des ensembles moteur+boîte+transmission variés et efficaces, que l’on cherche une berline diesel de 136 chevaux ou une pistarde de plus de 500 chevaux envoyés sur l’essieu arrière, la Giulia s’adresse à tous les publics et à peu près tous les portes-monnaie. Née propulsion, disponible également en transmission intégrale Q4, la Giulia distille un véritable plaisir de conduire quelle que soit la version essayée. Légère et précise au volant, elle se positionne depuis toujours comme une véritable automobile, de celles qu’on aime conduire. Mais aime-t-on toujours conduire ? Si l’on n’a jamais pu trouver grand-chose à redire sur cet aspect, il en est un qui faisait défaut à l’auto et qui, peut-être, fait partie des raisons de son non-succès : les technologies embarquées, ou plutôt leur manque.

Dans sa version initiale, l’Alfa Giulia n’assurait que le service minimum tant en matière d’assistances à la conduite que de multimédia et services connectés. Un régulateur adaptatif, un avertisseur de franchissement de ligne et le freinage d’urgence, du Bluetooth et de l’USB et c’était à peu près tout. En 2018, la marque c’était mise au goût du jour en intégrant Android Auto et Apple Carplay, mais pour le reste la berline était restée loin de sa concurrence allemande ou suédoise.

Oui, pour ce que l’Alfa Romeo Giulia a aussi désormais

Avec ce modèle 2020, la milanaise fait amende honorable et revient à grand renfort de multiples ADAS – autrement dit d’aides à la conduite – et d’une interface multimédia entièrement recomposée.Pour ce qui est des premières, celle qui n’avait presque rien a désormais tout ce qui se fait de mieux et se paye même le luxe de se placer au-dessus de la plupart de ses concurrentes, en tous les cas jamais en dessous. Régulateur de vitesse dynamique, aide au maintien dans la voie, alerte d’angle mort et de trafic transversal arrière, reconnaissance des panneaux, détecteur de fatigue, etc : la Giulia 2020 revendique la conduite autonome de niveau 2, seuil légal actuel sur nos routes. En clair, elle corrigera vos petites inattentions pour vous mener sans encombre à bon port.

Côté multimédia, la marque est repartie d’une feuille blanche. Pour commencer, le système auparavant uniquement pilotable à l’aide d’une molette située sur le tunnel central se dote désormais du tactile, avec des écrans de 7 à 8,8 pouces proposés en série. L’interface qui fonctionnait selon une arborescence assez classique opte pour un système de widgets personnalisables que l’écran peut afficher jusqu’à trois en même temps et que le conducteur peut faire défiler par un simple balayage. La panoplie des informations disponibles est également largement enrichie. L’ensemble est, en tous les cas, efficace, au goût du jour et, surtout, ne ressemble à aucun autre sur le marché. Il faudra évidemment un petit temps d’apprentissage pour le maîtriser, mais l’effort en vaut la peine. Une fois configuré, il vous apportera les informations que vous voulez vraiment et pas un compromis.

Le combiné porte instrument, lui, reste fidèle au modèle d’origine. Entouré par un tachymètre et un compte-tour à aiguille, l’écran de l’ordinateur de bord permet de faire défiler toutes les informations sur le fonctionnement de l’auto, la navigation, le multimédia, etc). Ah, on allait presque l’oublier : un chargeur à induction Qi fait également son apparition au niveau de l’accoudoir central qui a été redessiné pour l’occasion. Dommage qu’Apple CarPlay ne soit pas proposé dans sa version sans fil, c’eût été le sans faute.

Enfin, la connectivité n’est pas en reste. Dès sa finition de base, la Giulia offre plusieurs services connectés qui permettent notamment de gérer des fonctions de la voiture à distance.

Non, si l’on aime les grands volumes

L’Alfa Giulia a beau être une berline familiale de 4,64 mètres, ce n’est pas l’habitabilité qui la caractérise le mieux. Certes, les rangements ont été revus pour offrir plus de praticité et le volume du coffre (480 litres) demeure dans la bonne moyenne, mais la place pour les passagers à l’arrière reste plus modeste que celles de nombreuses concurrentes. On n’y est pas mal installé, mais l’espace aux genoux ne sierra pas aux plus grands. De plus, le tunnel de transmission réserve de facto la place centrale à un enfant.

Non, si l’on cherche de l’électrique

C’est forcément un point clivant en ce moment : aucun moteur proposé par la Giulia n’entame la moindre hybridation. Pour cela, il faudra certainement attendre encore un peu, notamment la Tonale présentée début 2019 au salon de Genève. Tant mieux diront les puristes pour qui un moteur doit rester à combustion interne. D’autant que la plupart des configurations ont bien été retravaillées pour retirer quelques précieux grammes de CO2 de leurs émissions à l’échappement. Mais le client qui veut se donner bonne conscience avec une hybridation, même légère, n’y trouvera pas son compte. Il lui faudra se contenter d’un stop and start (déjà proposé sur les versions précédentes) qui coupera son moteur à chaque arrêt au feu rouge.

Non, si le budget est serré

Positionné sur le segment premium, l’Alfa Giulia n’a jamais été une auto bon marché et cela explique certainement en grande partie ses mauvaises performances commerciales. Évidemment, toutes ces améliorations ont un prix, même si en faisant toutes les additions le client est censé y gagner une fois le prix de chaque nouvel équipement évalué.

Toujours est-il que s’offrir une Giulia neuve nécessite de débourser un minimum de 36700 euros pour une version 2,2 L. diesel 136 chevaux et 40 400 euros pour le 2,0 L essence de 200 chevaux. Certes, ses concurrentes allemandes affichent sans sourciller des tarifs de cet ordre-là aussi pour des autos souvent moins bien équipées et parfois vieillissantes, mais elles ont pour elles une image de marque plus constante dans le temps qui leur permet, à tort ou à raison, de ne pas avoir à trop s’encombrer de cette considération là.


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    • Alexandre, 25/02/2020 - 16:41

      @ - "Ah, si ell..."
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      Vous oubliez "Verde" : Quadrifoglio Verde :-)