La nouvelle version de la Hyundai Ioniq Electric vaut-elle le coup ?

Petit à petit, l’offre électrique s’étoffe chez de nombreux constructeurs et chez certains, on en est même déjà à améliorer les premières versions. Si celle qui attire tous les projecteurs depuis quelques mois s’appelle Tesla Model 3, la Hyundai Ioniq Electric qui nous vient du Pays du matin calme a des arguments qui pourraient lui donner du fil à retordre. Nous avons essayé sa nouvelle version 2020.

Alexandre Lenoir

Oui, parce qu’on peut en préférer une autre

Les clés de « notre » Hyundai Ioniq Electric en main, nous nous dirigeons vers le parking afin de faire connaissance avec la compacte coréenne, une berline de 4,47 mètres. Pour nous aider à repérer notre véhicule, un petit panneau « Electric » est posé non loin de lui. Il faut dire que pour la Ioniq, Hyundai a mis le client devant l’embarras du choix. Le véhicule est en effet proposé en trois déclinaisons : hybride classique, hybride rechargeable ou 100 % électrique. À l’heure où certains constructeurs hésitent encore, on pourrait trouver cela gonflé, mais c’est avant tout malin. La marque se met ainsi en position de pouvoir répondre au plus près à la demande du client indécis et, pourvu que le style lui plaise, il trouvera forcément la Ioniq avec laquelle repartir.

Non, si le style est votre priorité

Le style, parlons-en justement. Sur le marché depuis la fin de l’année 2016, la Hyndai Ioniq est une auto encore relativement récente, trop récente pour chambouler tout son design. Le constructeur coréen a donc procédé à quelques retouches esthétiques qui, selon nous, permettent de valoriser davantage le produit. La calandre auparavant peinte en noir mat s’égaye d’un gris texturé de fausses alvéoles. Autour du logo, deux trappes qui s’ouvrent lorsque le véhicule est en mouvement permettent d’améliorer la gestion thermique du moteur et des batteries, au bénéfice de l’autonomie. Une batterie qui chauffe trop déclenchera les procédure de mise en sécurité qui sont synonymes de performances dégradées, tant en roulage qu’en recharge, autant l’éviter. Sur les côtés, les feux à LED ont également été redessinés et adoptent un style plus agressif. À l’arrière, même combat : le bouclier et les feux héritent de retouches stylistiques qui complètent le lifting. Au final, l’auto ne remportera sans doute pas de prix d’élégance, mais elle passera partout sans choquer.

Oui, si vous êtes un peu geek

C’est à l’intérieur que les changements et la progression sont les plus palpables. Là encore, on est dans l’apparence avant tout, mais c’est tout sauf anecdotique. Après tout, c’est ici que le possesseur de l’auto passera le plus de temps. Outre la sellerie cuir disponible en deux combinaisons de couleurs (un choix de matériaux qui ne va pas de soi pour un véhicule électrique car il implique une masse supérieure au tissu), c’est tout le dessin de l’instrumentation et du combiné multimédia qui ont été revus. L’écran panoramique de 10,25 pouces de diagonale est souligné par des touches de raccourcis et commandes de climatisation tactiles dédiées, dans une disposition plutôt claire. Le combiné d’instrumentation est lui aussi 100 % numérique et permet quelques personnalisations, mais pas autant que ce que proposent certains concurrents. En tous les cas, à défaut d’être fun il est correctement agencé et plutôt lisible. Dans le reste de l’habitacle, on reste dans une finition « à la coréenne », c’est-à-dire sérieuse mais pas funky, avec essentiellement du plastique décliné sous plusieurs aspects.

Oui, si vous aimez tout contrôler

Puisqu’on se tient désormais derrière le volant, jetons un œil sur l’équipement. La finition haut de gamme appelée Executive de notre véhicule d’essai ne laisse pas grand-chose en dehors. Tant en termes de confort que de sécurité, l’offre est on ne peut plus complète. Les dernières assistances à la conduite (régulateur adaptatif allant jusqu’à l’arrêt, aide au maintien dans la voie, alerte de trafic arrière transversal, climatisation bi-zone (avec possibilité de concentrer son efficacité sur le seul conducteur), sièges chauffants et ventilés… il ne manque guère que les sièges massant pour compléter le tableau. La connectivité n’est pas en reste et cette nouvelle version permet à Hyundai de faire progresser son offre avec le système applicatif BlueLink qui permet d’interagir à distance avec l’auto (préconditionnement thermique, gestion de la charge, ouverture, etc) ainsi qu’avec Hyundai LIVE (offert durant 5 ans) qui enrichit la navigation de l’infotrafic en temps réel et de diverses informations pratiques essentielles avec un véhicule électrique, comme l’emplacement des bornes de recharge par exemple. Outre Apple CarPlay et Android Auto, notons aussi le Multi-Bluetooth qui permet d’appairer deux smartphones en même temps à la voiture. Côté pratique, le coffre perd en capacité par rapport à la version hybride (357 litres au lieu de 456 litres), mais cela reste acceptable eu égard à la taille compacte de l’auto. À l’arrière, l’espace aux genoux pourra ennuyer ceux qui ont de très grandes jambes, mais la garde au toit est très satisfaisante.

Oui, si l’efficacité compte pour vous

Voyons maintenant la partie technique qui, elle aussi, progresse très sensiblement. Ainsi, la batterie gagne 10 kWh, passant de 28 à 38,3 kWh de capacité. Elle alimente un moteur lui aussi plus puissant (100 kW, soit 136 chevaux) mais qui conserve la même valeur de couple de 295 Nm que le modèle précédent. Au final, même si la moteur est plus puissant, le gain en capacité de la batterie permet à l’autonomie homologuée de progresser pour atteindre 310 km selon le cycle WLTP (pdf). Voilà pour la théorie.

Lorsque nous mettons en marche, l’écran indique une charge à 99 % de capacité et 300 km d’autonomie. La météo provençale n’est pas des meilleures, le temps est maussade mais la température est encore clémente en ce matin d’octobre. Nous mettons le chauffage sur 21 degrés le temps que l’habitacle se réchauffe. Notre parcours fait la part belle au réseau secondaire, plus de 80 % des 70 km que nous parcourrons ce matin là. Entre traversées de village et départementale, il est vrai que nous solliciterons peu l’accélérateur, mais aurons finalement aussi peu d’occasion de bénéficier de bonnes conditions pour recharger en récupérant l’énergie à la décélération. Grâce aux palettes situées derrière le volant, il est possible de moduler la puissance de la régénération (et même d’aller jusqu’à l’arrêt complet sans solliciter les freins physiques) ou d’opter pour la roue-libre qui permet à l’auto d’évoluer sur son erre sans perdre trop de vitesse et donc de préserver la charge de la batterie. L’ensemble est en fait diablement efficace puisque, lors du retour au parking, nous rendrons l’auto avec 82 % de charge et une autonomie de 250 km, pour une consommation mesurée de 11,3 kWh. Remarquable.

Oui, parce que c’est la seule Ioniq vraiment confortable

Pour ce qui est du comportement routier, l’Electric est selon nous la plus cohérente de toutes les Ioniq. Les 160 et quelques kilos de plus qu’elle porte par rapport à la version hybride transforment littéralement l’auto… mais en bien ! L’amortissement est non seulement plus progressif, mais surtout confortable. Là où celui de l’Hybrid est raide comme la justice, l’Electric est presque doux comme un agneau. Pour le reste, l’auto est faite pour rouler tranquillement. Elle accélère de façon assez pépère (0 à 100 km/h en un peu moins de 10 secondes) et plafonne à 165 km/h en pointe. L’insonorisation, elle, est particulièrement bien travaillée. On roule en silence, même si la chaussée se dégrade ou que la cadence augmente. Cela participe au confort général de l’auto.

Proposée à partir de 34 900 euros (hors bonus, la version Executive de notre essai est facturée 41 050 euros), la Hyundai Ionic n’est pas une mauvaise affaire, d’autant qu’à part une peinture métallisée (630 euros) et un toit ouvrant (500 euros), il n’y a rien à prendre dans le catalogue des options pour alourdir la note.
Au bilan, si ce n’est pas la voiture électrique la plus originale, la plus jolie ou celle qui bénéficie de la meilleure autonomie du marché, elle est diablement efficace, relativement logeable, très bien équipée et confortable tout en n’étant qu’à peine plus chère que certaines citadines électriques proposées sur le marché.


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