Hyundai i10 vs. Mitsubishi Space Star : de bonnes occasions en neuf

Si les SUV ont les faveurs du public, les mini-citadines n'ont pas dit leur dernier mot. Nous nous sommes intéressés à deux modèles bien équipés et abordables, que tout semble opposer : la Hyundai i10 et la Mitsubishi Space Star.

Alexandre Lenoir

Le marché autrefois roi de la mini-citadine voit son nombre d’acteurs se réduire au fil des années, anéantis par le poids et le prix des équipements obligatoires qui deviennent difficiles à rentabiliser sur de si petits gabarits. Pourtant, une poignée d’acteurs résiste et renouvelle ses gammes. Ces propositions sont d’autant plus cohérentes qu’elles peuvent bénéficier de primes à la conversion susceptibles de réduire leurs prix de façon proportionnellement conséquente. Parmi celles-ci, Mitsubishi avec sa Space Star et Hyundai avec son i10 présentent deux produits que tout semble opposer. Une bonne occasion de se demander si on peut rouler petit, pas (trop) cher et néanmoins bénéficier des meilleures technologies.

Moins de 4 mètres, mais très différentes

La Mitsubishi Space Star est une grande petite, puisqu’avec 3,84 mètres, elle dépasse la Hyundai i10 de 17 centimètres et toise à 1,50 mètre, contre 1,48 pour sa concurrente. Évidemment, ce qui se voit à l’extérieur est tout aussi prégnant à l’intérieur et la Space Star ne galvaude pas son nom. Néanmoins, sur cet item l’i10 étonne malgré son design très compact. Légèrement plus large, avec un empattement à peine plus court, elle réserve elle aussi un espace très convenable à ses passagers. La profondeur des sièges avant garantit en outre une position de conduite reposante.

Photo : Mitsubishi/DR
Photo : Mitsubishi/DR

En fait, si la Space Star choie un peu plus ses passagers, elle dispose d’une malle moins volumineuse de 27 litres (235 litres, contre 252 à la i10). Quant au style extérieur, si les silhouettes sont classiques pour le genre, les deux citadines restylées affichent un dessin moderne, gonflé de quelques éléments de carrosserie distinctifs pour la version N Line de la i10

Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM
Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM

Moteur : trois cylindres, sinon rien

On ne vous surprendra pas en vous apprenant que tant la coréenne que la japonaise mettent sous le capot des moteurs trois cylindres, avec des palettes de choix très proches l’une de l’autre. Les deux constructeurs proposent en effet des versions 1,0 et 1,2 litres, avec transmissions manuelles ou automatiques. Les puissances de base, 67 chevaux pour 96 Nm de couple chez Hyundai et 71 chevaux pour 88 Nm chez Mitsubishi sont elles aussi très similaires. C’est donc plutôt sur l’étendue de la gamme que la différence peut se faire.

Photo : Mitsubishi/DR
Photo : Mitsubishi/DR

Et à ce jeu, avantage à Hyundai qui pourra aller séduire les amateurs de petites sportives avec son i10 N Line équipée d’une version turbocompressée de 99 chevaux de son bloc 1 litre, mais aussi les plus sages avec sa version ECO équipée d’une boîte plus longue, de jantes plus petites et d’une carte grise 4 places, le tout afin d’abaisser les consommations.

En version atmosphérique, le 1,2 litre de Mitsubishi affiche 80 chevaux, contre 84 chez Hyundai, les deux proposés avec une transmission automatique ou manuelle. Côté fiscalité, c’est 4 CV (5 CV pour la i10 N Line) et zéro malus pour tout le monde.

Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM
Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM

Deux salles, deux ambiances

Autres éléments sur lesquels les deux autos se distinguent : le style et l’aménagement intérieur. Là où la japonaise adopte une présentation typiquement… japonaise, la coréenne poursuit sa stratégie d’européanisation de son style. D’apparence plus cossue, elle adopte aussi une planche de bord plus soignée, avec un porte instrument qui ne dépareillerait pas complètement dans un véhicule de la catégorie supérieure.

En termes d’équipements, les deux minis sont plutôt richement dotées, ce tant en matière de sécurité active que de confort. Au jeu des différences, on pourra conclure que les deux autos se valent sur ce point et ce qu’il faut retenir, c’est que même en entrée de gamme on est relativement bien servi dans les deux cas. Notons ainsi la climatisation de série (sauf sur l’i10 1.0 67 ECO), les capteurs de pluie et de luminosité sur la Mitsubishi, une prise USB ou encore l’ordinateur de bord.

Photo : Mitsubishi/DR
Photo : Mitsubishi/DR

Si en plus on monte en gamme, on pourra compter sur la climatisation (automatique sur la japonaise), des systèmes multimédia à écran tactile compatibles CarPlay et Android Auto, ou encore sur la commutation automatique des feux de route en feux de croisement. En revanche, ne rêvez pas non plus, à ces tarifs il ne faut pas compter sur de quelconques outils connectés pour la voiture, en dehors de l’appel d’urgence obligatoire s’entend.

Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM
Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM

Polyvalentes avant tout

Sur la route, les deux autos se montrent relativement bonnes à tout faire. Évidemment, les montées en régime des trois cylindres émettent un bruit caractéristique qui, s’il amuse au début, finit toujours par lasser. Mais à vitesse soutenue, nous avons été plutôt agréablement surpris par la bonne filtration des bruits de roulement et de moteur chez les deux concurrentes. Plutôt typée confort sur l’ensemble de la gamme, la i10 se distingue cependant dans sa version N Line 99 chevaux, notamment avec ses jantes 16 pouces qui la rendent plus ferme en suspension.

Photo : Mitsubishi/DR
Photo : Mitsubishi/DR

En termes de châssis, on est plutôt dans des sensations « à l’ancienne », mais ce n’est pas le genre d’auto avec lesquelles on cherchera la performance. Même s’il est tentant de titiller un peu du pied droit les 99 chevaux issus du turbo de la coréenne, lesquels ne manquent pas de rappeler l’esprit GTI. Quoiqu’il en soit, ces urbaines savent aussi prendre la route en gardant leurs passagers dans de bonnes conditions.

Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM
Photo : Soufyane Benhammouda/AMAM

Bataille sur les prix

Ce n’est pas non plus sur la tarification que vous ferez vraiment la différence entre les deux citadines. Les prix catalogue se marquent à la culotte, avec une gamme qui démarre officiellement à 11 990 euros chez les deux fabricants. Mais au jeu des remises plus ou moins officielles et des primes à la conversion, il sera possible de faire l’acquisition de l’une des deux en ne déboursant qu’entre 7 000 et 8 000 euros. Un tarif qui évoque finalement d’avantage celui de l’occasion que du neuf.


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