Ferrari 488 Pista Spider : pourquoi tant de violence ?

C'est l'une des Ferrari les plus radicales et elle le fait bien sentir. La 488 Pista dans sa version Spider offre encore plus de sensations et en devient presque brutale pour celui ou celle qui en a envie. Alors pourquoi aller mettre plus de 350 000 euros dans un engin pareil ? Nous avons pris le volant pour le savoir.

par Nico Heidet 31 Mai 2019 10:00

Pour le look 

Une Ferrari, quel que soit le modèle d’ailleurs, est un objet roulant très facilement identifiable qu’il convient d’assumer. Une chose parfois difficile, surtout au pays des gilets jaunes. Et bien justement ça tombe bien ! Notre modèle d’essai était presque totalement jaune (avec une imposante et très belle bande bleue sur toute la longueur peinte à la main). Le jaune étant d’ailleurs la couleur du logo Ferrari, rien de tel pour se faire de nouveaux amis.

Après, il faut tenir compte du dessin très spectaculaire de notre « Pista » qui, même dans la région de Maranello, berceau de la marque Ferrari et où les passants plutôt blasés par ce qui roule dans leur contrée, ont été impressionnés. Une véritable sculpture que l’on ne trouve que très rarement dans l’automobile d’exception. À moins, bien entendu, de se pencher sur la gamme McLaren et sa concurrente presque directe, la très exclusive Senna. 

Un système audio JBL pour quoi faire ?

En fait, acheter un cabriolet quel qu’il soit consiste à profiter le plus souvent possible du grand air et de tout ce qui va avec : le chant des oiseaux en fait partie quand on est à la campagne, celui des marteaux-piqueur assurément lorsqu’on est en ville, surtout à Paris ces derniers temps. Si en plus on vous ajoute un V8 Ferrari juste derrière vos oreilles, il faut se faire une raison sur l’obsolescence immédiate (pour une fois qu’elle n’est pas programmée) de votre système audio si puissant soit-il.

Il reste qu’à l’instar de toutes les nouvelles Ferrari, la 488 Pista Spider est doté de deux turbos, gâchant un peu, il est vrai, le plaisir sonore. Et comme en mode Sport, le moteur ne s’époumone vraiment qu’en première au démarrage (histoire de se chauffer la voix pour après), finalement le système JBL peut aussi être envisageable pour changer de bande son.

La technologie pour la quête du moindre kilo

Imaginez qu’une marque décide d’aller chercher le moindre élément pour réduire la masse dans un véhicule. C’est le lot de tout constructeur automobile qui cherche désespérément à passer des normes antipollution. Disons que chez Ferrari, on essai surtout de travailler sur les performances. Rien de tel que l’héritage de la Formule 1 pour dénicher ce qui se fait de mieux afin, par exemple de gagner 18 kg sur la balance avec un bloc V8 4,9 litres dopé par deux turbos (et pas encore d’hybridation mais ça arrive).

Non seulement, ce moteur se permet de gagner 50 ch de puissance supplémentaire face à la 488 GTB, mais de surcroit, il est plus léger mais aussi plus résistant. Pour cela, le constructeur n’a pas hésité à utiliser des éléments en titane et a considérablement réduit les frictions. Autant de techniques directement piochées sur son savoir-faire en F1. Au total, face à une 488 Spider « normale », la Pista Spider gagne 40 kg. Croyez nous à ce niveau, c’est énorme.

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Un toit rigide escamotable

Autre innovation, le toit escamotable est aussi rigide qu’un toit normal. De sorte qu’il ne défigure pas la ligne de la voiture lorsqu’il est en place. De plus il insonorise et isole parfaitement l’habitacle, et il ne lui faut que 15 secondes pour aller disparaitre à l’arrière tout en roulant jusqu’à 40 km/h.

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Pour se faire un peu violence

Nous avons eu la chance de prendre le volant de la Ferrari 488 Pista Spider dans le fief du constructeur à Maranello. Si on achète une voiture qui totalise 720 ch pour un couple de 770 Nm (obtenus sur le 7ème rapport d’après le constructeur, mais rassurez vous en 6ème, 5ème, 4ème, 3ème, 2ème et même 1ère, ça envoie très fort aussi !), c’est aussi pour avoir son lot de sensations. Sauf que celle là est un peu particulière. Si on prend l’exemple d’une McLaren 720S, on obtient la même puissance, mais… pas du tout le même niveau de violence. Et on pèse nos mots.

Mais rassurez vous, la Pista Spider est à l’automobile ce que Frank Black et les Pixies ou Rage Against the Machines sont à la musique rock : une très bonne gestion de la violence. Dans la pratique, on se met en mode Race sur le petit curseur qu’on appelle Magnetino et on met gaz. Là, le train arrière envoie l’ensemble (donc nous avec) à 100 km/h en 2,85 secondes (oui c’est très précis). À la limite, cela reste tout à fait jouable émotionnellement quand on est déjà passé derrière le volant d’une McLaren. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est quand on décide faire la même chose jusqu’à 200 km/h. Dans ce cas précis, sur piste d’essai cela va de soit, notre « Pista-Diva-Spider » nous y expédie en 8 secondes. Chaque passage de rapport représente une sorte de claque dans la nuque.

Même constat en rétrogradant. Et franchement, pas la peine d’utiliser les palettes car la boîte le fait automatiquement avant même que votre cerveau ait eu l’idée d’envoyer l’info à vos mains. Après, vous pouvez décider de couper l’antipatinnage mais attention, l’ESP, toujours présent, devient extrêmement permissif. En fait cette Pista Spider est là pour vous en mettre plein la vue en vous donnant l’impression de toucher du bout des doigts, ce que vit un pilote de F1.


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