Essai Porsche Taycan 4S : que vaut la plus abordable des Porsche électriques ?

Pour sa première voiture électrique, Porsche propose trois versions de la Taycan avec la Turbo, la Turbo S et la 4S. C'est cette dernière que nous avons pu essayer en Ile de France avec notre confrère de Mac4Ever et un focus tout particulier sur les technologies embarquées.

par Driss Abdi 20 Juin 2020 10:00

Une Porsche oui mais électrique
Une Porsche oui mais électrique

La Porsche Taycan se décline dans trois versions avec les Taycan Turbo, Turbo S et 4S. Cette dernière est elle même disponible dans deux versions de 390 kW (530 ch) et 420 kW (571 ch). Ces deux modèles sont équipés respectivement d’une batterie de 79,2 kWh et 93,4 kWh. Nous avons pu prendre le volant du modèle de base agrémenté de plusieurs options, à l’occasion d’un tournage avec notre confrère de Mac4Ever pour une une vidéo qui se concentre avant tout sur les aspects technologiques de la voiture. Ce qui ne nous a pas empêché d’en apprécier les aptitudes sur route. Alors faut-il craquer pour cette première vraie sportive électrique ?

Oui, parce que la Taycan 4S électrique est une vraie Porsche

Au premier coup d’oeil, on reconnait immédiatement la patte du constructeur de Stuttgart. La Porsche Taycan 4S reprend ce coup de crayon si caractéristique, à mi chemin entre la Cayman et la Panamera. Plus compact que cette dernière, le coupé 4 portes reste imposant avec 4 963 mm de long et surtout 1 966 mm de large. Autant dire qu’on serre les fesses lors des manoeuvres dans les étroits parkings parisiens.

Une air de Cayman et de Panamera
Une air de Cayman et de Panamera

En contrepartie, l’habitacle est généreux et très confortable, y compris aux places arrière malgré la ligne de toit plongeante. Celles-ci profitent du magnifique toit panoramique en verre rigide (en option comme tant d’autres choses on le verra) et de suffisamment de place pour les jambes.

Un habitacle sportif et confortable
Un habitacle sportif et confortable

Comme toujours chez Porsche, un coffre est intégré à l’avant même si celui-ci voit son volume réduit à 81 litres seulement. Heureusement, la technologie électrique libère de la place à l’arrière et un deuxième coffre de 366 litres permet d’accueillir les bagages. Notez que le dossier des sièges peut être rabattu pour gagner de la place.

Oui, pour les sensations de conduite électrisantes de la Porsche Taycan 4S

Bien assis dans les confortables sièges baquets, on effectue nos premiers tours de roues au volant de la Porsche Taycan. Avant toutes choses, Il faut bien prendre la mesure des dimensions de la bête, surtout sur les petites routes de la vallée de Chevreuse : on ne voudrait pas abimer ces énormes jantes Taycan Turbo Aero de 20 pouces (en option là encore) qui laissent apparaitre les étriers de frein peints en rouge, et qui marient si bien sportivité et aérodynamique.

Les jantes Taycan Turbo Aero
Les jantes Taycan Turbo Aero

Vous ne serez pas surpris quand on vous dit que les accélérations sont impressionnantes. Même s’il s’agit ici de la Taycan d’entrée de gamme (l’essai de la Turbo S est prévu plus tard), nous sommes littéralement collé au siège et la voiture file comme sur un rail. Au passage, nous avons pu jouer du launch control à plusieurs reprises sans jamais mettre la mécanique à défaut, chose rare sur les voitures électriques qui finissent très vite par se mettre en sécurité. Bref, ça pousse, ça pousse très fort malgré un poids de plus de 2,2 tonnes.

Il faut dire que les deux moteurs électriques, un sur chaque essieu, délivrent une puissance de 390 kW (530 ch) pour la version Performance, et 420 kW (571 ch) pour la Performance Plus. Tout aussi impressionnant, le châssis confère une conduite chirurgicale à la Taycan qui semble collée à la route (merci la lourde batterie intégrée dans le dessous de caisse et un centre de gravité similaire à celui de la Porsche 918 hybride). Un peu trop d’ailleurs car dès qu’un ralentisseur survient, il convient de ralentir et de la relever avec la suspension pneumatique pour éviter de frotter. Autre facteur de stabilité, les roues arrière sont également directrices.

Qui dit accélération dit également freinage, et en la matière, la Taycan se montre irréprochable. Il est même possible d’opter pour des freins Porsche Ceramic Composite Brake (PCCB) plus légers qui sont proposés en option sur la 4S. Enfin, la Taycan s’illustre également avec sa boîte de vitesses à deux rapports plutôt qu’un seul comme c’est généralement le cas. Le premier rapport ultra court est dédié à l’accélération initiale. Plus long, le second est ensuite utilisé pour la conduite.

Oui et non, pour l’autonomie de la batterie de la Porsche Taycan 4S

Notre Porsche Taycan 4S est équipée d’une batterie lithium-ion de 79,2 kWh avec une autonomie annoncée de 407 km (WLTP). Inutile de mentionner notre consommation qui n’a aucun sens durant cet essai où nous avons enchainé les launch control et autres accélérations sur autoroute. Il n’empêche, la première Porsche électrique fait ici moins bien que sa concurrente chez Tesla, avouant pratiquement une centaine de kilomètres en moins. En contrepartie, la puissance maximale de charge est de 225 kW, et même 270 kW avec la batterie Performance Plus de 93,4 kW qui permet de retrouver 100 km d’autonomie en 5 minutes seulement. Notez que deux chargeur sont intégrés, AC à gauche et DC à droite. La trappe peut s’ouvrir via une surface tactile (en option) pour l’effet waouh.

L'une des deux trappes de recharge
L'une des deux trappes de recharge

Bien conscient que le réseau de recharge constitue aujourd’hui le nerf de la guerre, Porsche propose de recharger la Taycan dans certains de ses centres. Notez aussi que le constructeur fait partie du réseau Ionity afin de profiter des tarifs plus avantageux pour la recharge rapide sur autoroute. Cependant, s’il est possible d’afficher les stop nécessaires pour recharger la Taycan 4S sur l’écran du GPS lors d’un long parcours, les informations fournies sont incomplètes. Impossible par exemple de connaître le nombre de bornes, le type de prises ou encore le taux d’occupation. A noter que sur un Paris Marseille, Porsche préconise plusieurs arrêts relativement courts plutôt qu’une longue pause.

On aurait aimé plus d'informations concernant les stops de recharge
On aurait aimé plus d'informations concernant les stops de recharge
On bosse aussi le dimanche
On bosse aussi le dimanche

Oui, pour les technologies embarquées

N’en déplaise aux puristes, les compteurs et les boutons physiques semblent avoir vécu. C’est d’ailleurs bien simple, seuls subsistent les commandes pour ouvrir ou fermer les fenêtres, ainsi que deux boutons pour dé/verrouiller la voiture. Pour être complet, les bords de l’écran d’instrumentation accueillent eux aussi des boutons (tactiles) pour contrôler les phares à gauche, ou gérer la suspension, l’ESP et lever la voiture à droite. Un bouton personnalisable est également présent.

Quelques rares boutons subsistent
Quelques rares boutons subsistent

Pour le reste, tout a été remplacé par des éléments numériques y compris pour les commandes de climatisation. Heureusement, contrairement à Tesla qui oblige à plonger dans le menu de l’énorme écran tactile pour régler la température, la Taycan propose un accès direct autrement plus pratique. Pour ce faire, un écran de 8,4 pouces est intégré dans la console centrale qui n’est pas sans rappeler ceux de certaines Audi par exemple. 

Plutôt qu’effleurer la dalle tactile, il est nécessaire d’appuyer comme sur un bouton pour activer une commande qui s’accompagne d’un retour haptique. Notez qu’il est possible de régler facilement des paramètres différents pour le conducteur et pour le passager, ou de les synchroniser. En revanche Porsche s’est directement inspiré de tesla pour gérer la direction des flux d’air. Tout passe par l’écran d’info-divertissement en bougeant le cercle du doigt. C’est fort joli et futuriste mais dans la pratique cela reste moins pratique qu’une buse qu’on oriente à la main.

Un air de tesla
Un air de tesla

L’avantage d’intégrer un écran, c’est qu’il est possible de multiplier les fonctions. Celui de la console centrale offre ainsi des raccourcis pour ouvrir les coffres ou pour consulter l’état de la batterie/de la charge.

La partie inférieure accueille également une sorte de Touchpad qui permet de contrôler l’écran d’info-divertissement de 10,9 pouces. Pratique pour garder les yeux sur la route tout en naviguant parmi les différentes rubriques. Avant de passer à l’écran d’info-divertissement justement, un mot encore sur l’écran de la console centrale. Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous, celui-ci dispose d’un volet coulissant sur la partie supérieure qui donne accès à des raccourcis supplémentaires pour accéder à la navigation, la musique, la téléphonie, les réglages et CarPlay. Il faut cependant se faire à l’idée qu’appuyer sur l’une de ces icônes agit sur l’écran d’info-divertissement situé dans la console de bord.

Un touchpad bien pratique
Un touchpad bien pratique

Le système PCM (Porsche Communication Management) est une évolution de celui qui équipe les  Porsche récentes. Très dense, il est facile de s’y perdre. Heureusement vous pouvez toujours utiliser CarPlay d’Apple. A propos du créateur de l’iPhone, Porsche propose une exclusivité mondiale sur sa Taycan qui est la première voiture à intégrer nativement Apple Music.

CarPlay est disponible mais pas Android Auto
CarPlay est disponible mais pas Android Auto
Apple Music est pour la première fois intégré dans une voiture
Apple Music est pour la première fois intégré dans une voiture

Et pour en mettre plein la vue, le constructeur propose un quatrième écran de 10,9 pouces en option qui est intégré en face du passager. Celui-ci peut ainsi accéder au système d’info-divertissement sans modifier l’affichage de l’écran central pour ne pas perturber le conducteur. Il est même possible de chercher une destination d’un côté tandis qu’on affiche une application telle que Apple Plan ou Waze de l’autre.

L'écran passager à droite est disponible en option
L'écran passager à droite est disponible en option

Non, pour le bruitage artificiel de la Porsche Taycan 4S

C’est certes un détail mais le son Porsche Electric Sport Sound ne nous a pas convaincu. En effet, diffusé dans l’habitacle de la voiture, celui-ci nous a semblé trop artificiel et finalement désagréable à la longue. Cette sensation est particulièrement flagrante aux places arrières. Mais il est heureusement possible de désactiver ce bruitage via l’écran principal, voire même de ne pas en profiter du tout s’agissant d’une énième option. On profite alors d’une conduite en silence, à peine perturbée par les bruits de roulement et aérodynamiques qui sont plutôt bien filtrés.

Oui, pour l’instrumentation numérique

L’instrumentation est assurée par un bel écran numérique de 16,8 pouces au dessin très réussi et qui bénéficie d’une intégration irréprochable. Les branches du volant viennent parfois gêner la lecture de certaines informations (comme sur la Porsche 911 992 d’ailleurs), mais il suffit de légèrement bouger la tête. La définition est élevée tout comme la luminosité. Une remarque qui au passage, vaut d’ailleurs pour tous les écrans de la Porsche Taycan. ceux-ci restent toujours parfaitement lisibles même en plein soleil et malgré les reflets.

L'affichage est modifiable via la commande au volant
L'affichage est modifiable via la commande au volant

Légèrement incurvé, l’écran d’instrumentation se divise en trois zones avec le compteur de vitesse à gauche, la carte au centre et diverses informations dans le compteur de droite. Sauf que tous ces affichages peuvent être modifiés à loisir via le bouton sur le volant comme vous pouvez le voir sur notre vidéo. La cartographie peut par exemple occuper l’essentiel de l’espace, les compteurs peuvent afficher les modes de conduite disponibles ou les G, etc.

Non, pour les (trop) nombreuses options de la Porsche Taycan 4S

Elle a beau constituer l’entrée de gamme, notre Porsche Taycan 4S affiche un prix à partir de 108 632 euros. Pas donnée mais cela n’a rien de bien étonnant. Toutefois, comment ne pas reprocher quelques mesquineries de la part du constructeur qui pousse à ajouter des options dont certaines devraient être de série à l’instar de voitures bien plus abordables. Un exemple ? De série, la clef n’étant pas détectée il faudra appuyer sur le bouton pour déverrouiller la voiture. Outre encore l’habillage des portières en plastique fait un peu tâche à ce niveau de prix.

De plus, et c’est une habitude chez Porsche (comme chez d’autres constructeurs allemands rompus à l’exercice), la liste des options est longue comme le bras. Ou même comme les deux bras d’ailleurs. Le prix de notre modèle d’essai voit donc grimper l’addition aussi vite que le launch control pour atteindre plus de 144 000 euros. L’entrée de gamme se paye donc très cher.

8.5/10

Porsche Taycan 4S

Une Porsche électrisante

à partir de 108 632 euros 
On aime
  • Le design typiquement Porsche
  • Les performances
  • Les technologies embarquées
On n'aime pas
  • Le rapport équipement/prix
  • L'autonomie encore perfectible
  • Les (trop) nombreuses options
Verdict

Esthétiquement très réussie, on reconnaît immédiatement la parenté de la Taycan 4S avec le reste de la gamme Porsche. Moins grande que la Panamera, elle reste cependant imposante ce qui se traduit par un habitacle spacieux et très confortable. Hyper connectée, la 4S reste une sportive à part entière avec des performances reproductibles à loisir. ce qui n’est pas forcément la cas de la plupart des voitures électriques aujourd’hui. Plus dynamique que la Tesla Model S avec laquelle on la comparera forcément, elle profite notamment de roues directrices et d’une suspension pilotée très efficaces. Reste qu’au jeu de l’autonomie, l’américaine reste devant. Enfin, si la liste des options a de quoi donner le tournis, on aurait tout de même aimé que certaines soient de série (le déverrouillage clef dans la poche par exemple), surtout à ce niveau de prix.

Puissance 435 ch
Batterie79,2 kWh
Autonomie 407 km (WLTP)
0 à 100 km/h4 sec
Fiche technique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.