Essai Nissan Leaf e+ : la version la plus intéressante ?

Considérée comme la voiture électrique la plus populaire, la Nissan Leaf se fait rattraper par une concurrence de mieux en mieux dotée. Pour y faire face, la compacte se décline dans une version e+ plus puissante et plus autonome que nous avons eu l’occasion de prendre en main.

par Soufyane Benhammouda 16 Mai 2019 10:10

Produite à hauteur de 400 000 exemplaires depuis son apparition sur le marché, la Nissan Leaf est la voiture électrique la plus vendue au monde.  Avec la deuxième génération plus gracieuse, son succès ne se démord pas. Toutefois la concurrence gagne en puissance et en autonomie. De quoi pousser Nissan à lancer la Leaf e+, plus puissante et dotée de 385 km d’autonomie. Est-ce bien suffisant pour lui permettre de conserver sa position de leader ?

7/10

Nissan Leaf e+

Une autonomie à la hauteur de sa polyvalence

à partir de 43 700 euros 
On aime
  • Autonomie à la hauteur
  • Performances intéressantes
  • e-Pedal addictive
On n'aime pas
  • Détails ergonomiques
  • Adhérence du train avant sur le mouillé
  • Prix haut perché
Verdict

Voiture électrique la plus vendue au monde, la Nissan dévait évoluer pour faire face à la concurrence au champ d’action de plus en plus important. Ainsi est née la Nissan Leaf e+, dont la batterie de 64 kWh porte l’autonomie à 385 km sur un cycle WLTP. La compacte est aussi plus résistante aux montées en température, permettant d’appréhender les recharges plus sereinement. Mais le surcoût de 5 300 euros la rapproche de certaines concurrentes à l’autonomie plus conséquente ou à l’image de marque plus valorisante

Moteur Synchrone à courant alternatif
Puissance 217 ch
Couple 340 Nm
Vitesse maximale 157 km/h
0-100 km/h 7,3 secondes
Capacité 62 kWh
Autonomie constatée entre 220 km et 330 km
Prix à partir de 43 700 euros
Fiche technique
Seule la fine lame avant et la carrosserie bitons permettent de distinguer la Leaf e+
Seule la fine lame avant et la carrosserie bitons permettent de distinguer la Leaf e+

Oui, pour son autonomie plus généreuse

Lancée avec une batterie de 24 kWh, la Nissan Leaf est grimpée à 40 kWh avec la seconde génération. Si la capacité de stockage semble suffisante, la compacte électrique dispose d’un polyvalence plus limitée que ce que sa carrosserie laisse supposer. Aussi, la concurrence, notamment coréenne, ne laissait pas d’autre choix à la Leaf de gagner une batterie de 62 kWh (la capacité utile est de son côté proche des 55 kWh).

Si nous n’avons pas eu l’occasion de mener les Nissan Leaf e+ jusqu’à la panne, la compacte est annoncée à 385 km d’autonomie sur le papier (en l’occurrence le cycle WLTP). Dans le cadre de notre essai, et d’après quelques calculs, cette version de la compacte est en mesure de tenir ses promesses, ou d’enregistrer, dans la moyenne, une autonomie de 330 km. Un verdict au regard de sa consommation moyenne de 20,7 kWh/100 km enregistrée lors d’un trajet de 250 km. Mais cette moyenne reste assez haute en raison d’un périple de 100 km sur autoroute, où la consommation est montée à près de 27 kWh, portant l’autonomie légèrement au dessus des 200 km.

Les bornes Nissan, gratuites sur les parkings Auchan, plafonnent à 50 kWh
Les bornes Nissan, gratuites sur les parkings Auchan, plafonnent à 50 kWh

Oui, pour son refroidissement plus efficace

Avec sa configuration resserrée des 192 cellules sur la version 40 kWh, la Nissan leaf enregistrait d’incroyables montées en température, bridant ainsi les performances et la puissance de recharge. Pour cette nouvelle version, les ingénieurs ont réorganisé les groupes de cellules (au nombre de 288 désormais), afin d’améliorer le système de refroidissement passif de la compacte.

Ainsi, la Nissan Leaf e+ est désormais en mesure de parcourir des trajets autoroutiers à la vitesse maximale autorisée de 130 km/h sans connaître de surchauffe des batteries. Les performances sont ainsi préservées, d’autant que la voiture dispose désormais de 217 ch. La différence se joue également à la borne de recharge, où nous avons constaté une puissance de 39 kW (sur les 50 kW maximum). Les recharges sont donc plus rapides, apportant une dose de confort et de sérénité pour profiter de l’autonomie en hausse. À noter que le réseau de recharge de Nissan installé sur les parkings Ikea ou Auchan est gratuit, et permet de récupérer 80 % d’autonomie en 45 minutes.

Le refroidissement mieux maîtrisé permet de tirer une meilleure puissance de recharge
Le refroidissement mieux maîtrisé permet de tirer une meilleure puissance de recharge

Non, pour les quelques lacunes intérieures

Dans l’habitacle, la Nissan Leaf e+ ne se distingue pas de la première mouture dont elle dérive. Elle arbore simplement un nouvel écran tactile de 8 pouces, qui embarque toujours les mêmes fonctionnalités, depuis les connections aux téléphones mobiles à un outil représentant l’autonomie restante sur une carte, en passant par le dispositif Pro Pilot.

La Nissan Leaf avoue aussi quelques lacunes. À commencer par la position de conduite, pas souvent idéale avec un siège trop haut (car limité par l’espace de la batterie sous le plancher), et un volant qui mériterait plus d’amplitude sur le réglage en hauteur. On regrette aussi l’absence de climatisation plus évoluée ou, détail ultime, une vitre électrique passager non-séquentielle. Soit quelques retards étonnants dans une voiture électrique ou la dotation technologique est primordiale.

L'habitacle, bien fini, reste relativement classique
L'habitacle, bien fini, reste relativement classique

Oui, pour son agrément, sa e-Pedal et ses performances

Malgré une hausse pondérale des batteries de l’ordre de 137 kg et une hauteur de caisse rehaussée de 5 mm, les qualités dynamiques de la Nissan Leaf son préservées. L’amortissement est agréable, laissant place seulement à quelques trépidations peu dérangeantes, et la tenue de route reste correcte.  Mais les conducteurs seront satisfaits par l’agrément conservé, qui repose notamment sur le système e-Pedal particulièrement efficace. Le mode d’emploi mérite un temps d’accoutumance, mais la décélération puissante et la conduite à une seule pédale devient rapidement un mode de conduite dont on ne peut se passer.

Tout comme les performances intéressantes de la Nissan Leaf e+, qui grimpe à 217 ch pour 340 Nm de couple. Ce qui en fait l’une des propositions les plus puissantes dans le segment des voitures électriques grand public. Le 0-100 km/h est annoncé 7,3 secondes alors que la vitesse maximale grimpe à 157 km/h. Mais c’est au chapitre des reprises copieuses que la différence se fait. Sauf sur sol mouillé, où les pneus Dunlop Enasave EC300 de première monte ne se montre pas à la hauteur du couple délivré, même les roues droites !

 

En ville, le système e-Pedal est particulièrement ludique
En ville, le système e-Pedal est particulièrement ludique

Non, pour sa grille tarifaire particulièrement élevée

Si certains ménages pourront profiter d’une Nissan Leaf 40 kWh à un prix total de 16 990 euros, la Nissan Leaf e+ s’adresse à des clients aux capacités financières plus conséquentes. Uniquement disponible sous les trois niveaux de finition haut de gamme N-Connecta, Business+ et Tekna, la compacte de 62 kWh débute au prix de 43 700 euros, soit une rallonge de 5 300 euros par rapport à la Nissan Leaf 40 kWh.

Tout en haut de la gamme le prix atteint donc la somme de 45 500 euros. Ce n’est certes que 1 100 euros de moins que le Hyundai Kona Electric 64 kWh, mais qui dispose d’une centaine de kilomètres d’autonomie en plus. Surtout, la Tesla Model 3 se situe à quelques 3 100 euros de plus, offrant une image plus valorisante, et ouvrant les portes d’un univers nettement plus geek.


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  • , 23/05/2019 - 18:28

    Non, l'électrique n'est pas plus polluant que le diesel ! Il faut aussi prendre en compte l'extraction du pétrole, son raffinage, le transport par tankers ou pipe-lines, avec tous les risques de pollution majeure que cela comporte (et sans compter l'émission de particules ultra-fines, d'oxydes d'azote, etc ...).

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    • , 29/05/2019 - 21:17

      @ - "Non, l'éle..."
      ---
      Et l'extraction des terre rares et autres composants polluants nécessaires à la création et au recyclage des batteries !!
      L’électrique est certes l'avenir mais malheureusement pas encore de nos jours....

  • , 23/05/2019 - 18:24

    Dommage pour le prix, encore beaucoup trop élevé, c'est le principal frein à l'achat, avec l'autonomie, qui n'est pas encore suffisante : il faudrait plus du double, en l’occurrence 800 km d'autonomie au minimum pour que cette offre commence à être acceptable. Pourtant je reste persuadé que la motorisation électrique est la meilleure solution face aux carburants fossiles et aussi face à l'hydrogène qui n'est rien d'autre qu'une voiture électrique aussi, mais avec un stockage de l'énergie différent et pas adapté à la mobilité individuelle ...

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    • , 23/05/2019 - 18:30

      Et non, l'électrique n'est pas plus polluant que le diesel ! Il faut aussi prendre en compte l'extraction du pétrole, son raffinage, le transport par tankers ou pipe-lines, avec tous les risques de pollution majeure que cela comporte (et sans compter l'émission de particules ultra-fines, d'oxydes d'azote, etc ...).

  • , 23/05/2019 - 12:24

    Tout est dit dans cet article sur le ridicule de l'offre électrique actuelle. T'achète un véhicule très cher, qui n'a rien d'une citadine, qui te permettra 200 km d'autoroutes..... La tente est elle fournie pour dormir le temps de la recharge ? L'article te parle du 0 à 100 mais pa pas un mot sur la capacité de tractage (ou la non capacité) Et tout ça pour un véhicule au moins aussi polluant qu'un diesel moderne sur l'ensemble de son cycle de vie. La bêtise n'a pas de limite !

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