Essai Kia e-Niro : 5 mois et 7 500 km plus tard

Au mois d’octobre dernier, Serge devenait l’heureux propriétaire d’une Kia e-Niro 100% électrique. 5 mois après, c’est l’heure d’un premier bilan.

par Driss Abdi 14 Fév 2020 15:41

Pourquoi la Kia e-Niro ?

Serge cherchait un SUV et voulait continuer avec Kia puisqu’il avait déjà eu 2 modèles de la gamme (Rio et Ceed) dont il avait apprécié la conduite et l’équipement. Les 7 ans de garantie (batterie incluse) ont fait la différence. Il a été également sensible aux équipements technologiques embarqués à bord et souhaitait s’orienter vers l’électrique pour polluer moins et profiter du silence d’utilisation. Sans oublier le coût d’usage moindre. Serge a fait le choix de l’électrique et non de la version hybride de la Kia car même si ses trajets se déroulent essentiellement sur routes rapides, cette dernière est moins rentable car on se retrouve rapidement à n’utiliser que le moteur essence.

Une Wall Box à la maison

L’installation de la Wall Box (de marque Hager) a coûté un peu plus de 1 100 euros auxquels il faut ajouter 200 euros pour la pose. Il existe des Wallbox moins chères mais qui délivrent moins de puissance. Serge a opté pour une borne permettant de choisir la puissance de la charge (3 choix possibles : 3, 7 ou 22 kW). Toutefois, l’abonnement domestique dont dispose Serge ne lui permet pas d’utiliser la puissance maximale (22kW) sans risquer de faire sauter l’électricité de toute la maison. Sa borne est donc réglée sur 7 kW ce qui lui permet d’obtenir une charge complète en 5 heures environ. Puis c’est le prix de l’électricité domestique qui s’applique. Serge nous rappelle au passage que pour bénéficier de la déduction fiscale de 30% sur le prix de la Wallbox (plafonné à 300€), il faut faire appel à un installateur agréé.

Quelle autonomie constatée pour la Kia e-Niro ?

Après une charge complète, l’autonomie obtenue est d’environ 400 km sans se priver d’allumer le chauffage (l’autonomie n’a pas été testée avec la climatisation pour l’instant). Serge travaille à 50 km de son domicile et utilise plusieurs fois par semaine son véhicule pour aller à son bureau, soit environ 400 km par semaine avec sa voiture électrique. Au quotidien, grâce à la Wallbox installée à son domicile, il ne rencontre aucun problème de charge. En revanche, les choses se compliquent sérieusement quand il s’agit d’effectuer de longs trajets comme on le verra plus loin.

Quand l’autonomie affichée tombe à 0, que se passe-t-il ?

Serge doit parcourir 50 km pour rentrer chez lui, alors que l’autonomie restante affichée n’est que de 46 km. Une valeur qui s’est avérée plutôt fidèle à la réalité. 35 km plus tard, des notifications se déclenchent pour signaler que l’autonomie restante est très limitée. Il faut donc chercher la borne la plus proche. Gros stress !

Après 40 km, la voiture se bride et il n’est plus possible de dépasser les 50 km/h. Du coup, arrêt express à une borne pour récupérer 2% d’énergie en 20 minutes et faire les 10 derniers km, toujours en mode bridé. A l’écran plus rien n’apparait.

Les informations affichées sur l'instrumentation sont plutôt à la réalité
Les informations affichées sur l'instrumentation sont plutôt à la réalité

La recharge sur des bornes publiques

C’est clairement le point noir pour tous les véhicules électriques, chose que nous confirme Serge. Tout d’abord, le nombre de bornes actuellement disponibles est nettement insuffisant. Sur l’autoroute, il n’est pas envisageable de s’arrêter dans n’importe quelle station-service car elles ne sont pas toutes équipées. Et pour peu que la station ne dispose que d’une seule borne et qu’elle soit occupée quand on arrive, il faut compter au moins 2h pour une recharge à 80% de la batterie. Autant dire qu’il ne faut pas être pressé par le temps. Par ailleurs, dans les parkings qui proposent des bornes, très souvent les places réservées aux véhicules électriques sont squattées et donc impossible de les utiliser.

Il est donc indispensable de préparer minutieusement ses trajets avant de partir et de prévoir 1 ou 2 heures de recharge sur le temps de trajet. Pour trouver les bornes Serge utilise l’application ChargeMap plutot que le système embarqué dans le GPS de sa Kia e-Niro. Plus par habitude qu’autre chose et Carge Map lui convient parfaitement avec ses informations complètes et précises. Même s’il s’est parfois trompé et n’a pas trouvé la borne recherchée.

Une fois qu’on trouvé cette dernière, encore faut-il pouvoir l’utiliser. Pour s’assurer d’une compatibilité avec quasiment toutes les bornes, Serge dispose de 3 cartes différentes. On a vu plus pratique mais pour le moment il n’est toujours pas possible de payer à la prestation avec une CB comme on le fait à une station essence classique.

Serge a donc sur lui les trois cartes suivantes :

  • EasyTrip qui est le partenaire officiel de Kia. L’achat de la carte coûte 19 euros ;
  • FreshMiles avec son application gratuite qui donne la possibilité d’accéder à certaines bornes. On ne paye que sa consommation mais il existe une formule qui permet avec un Freshmile Pass (4,99€) d’accéder à plus de bornes ;
  • Izivia (filiale d’EDF) et les bornes Corri-door avec un ticket d’entrée de 15 euros.

Avec ça, il accède à (presque) toutes les bornes proposées. Rappelons que dans le domaine Tesla fait bande à part.

Des tarifs aléatoires

Concernant le prix que l’on va effectivement payer, difficile de le savoir à l’avance. Cela dépend bien sûr des cartes que l’on possède et de la puissance délivrée, mais aussi du temps resté sur la place. Le stationnement sur une borne est parfois gratuit, parfois payant dès le début ou seulement après la première ½ heure pour éviter que les véhicules ne restent trop longtemps.

Ainsi durant un trajet Paris – Strasbourg, Serge va utiliser plusieurs bornes, dont celles du réseau Corri-door qui étaient mises en indisponibilité après l’apparition de problèmes techniques sur certaines bornes. D’où les nombreuses tentatives à 0 euros comme vous pouvez le voir dans le tableau ci-dessous.

Les disparités en termes de prix apparaissent alors de façon criante.

  • Sur une borne Izivia installée sur une aire d’autoroute, la recharge a coûté 27,10 € pour 32kWh (1h30 de charge)
  • Sur une borne Freshmile là encore sur une aire de repos, il faut compter 9,70 € pour 48kWh (2h06 de temps de charge tout de même)

Un écart difficile à expliquer et surtout impossible à prévoir…

Quoiqu’il en soit, en dehors du prix de la recharge sur autoroute qui laisse encore à désirer, le passage à l’électrique est positif en termes de coûts: alors qu’avant il dépensait 140 euros/mois en frais d’essence (2 pleins de diesel), Serge ne dépense plus à présent que 24 euros par mois car les recharges se font essentiellement à la maison.

Enfin, pour Serge le véhicule en lui-même est très bien équipé et confortable. Seul regret le coffre un peu juste dès que l’on part en vacances. Il apprécie beaucoup les technologies embarquées et notamment le régulateur de vitesse adaptatif. Cela permet par exemple sur l’autoroute de respecter les distances de sécurité sans avoir à y penser. Sans parler des embouteillages dans lesquels le véhicule freine tout seul. Le réglage automatique des phares lorsqu’un véhicule arrive en face fait également partie des fonctionnalités très pratiques selon lui. En bref, mis à part les difficultés liées à la recharge sur le réseau public, le passage à l’électrique est totalement convaincant pour Setge qui ne reviendra pas au moteur thermique.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.