Essai du Oklö Utiléö, que vaut ce vélo électrique chic et pratique

Les vélos cargo sont très exclusifs et réclament une zone de parking XXL, à contrario des vélos traditionnels qui ont un encombrement moindre et une faible capacité de chargement. Les Français d’Oklö ont créé un VAE hybride qui devrait vous permettre de vous passer de voiture. À vous les packs d’eau et les paquets de couches du petit dernier avec le très réussi Utiléö.

par Emmanuel Armanet 05 Avr 2019 10:00

C’est en Savoie qu’a débuté l’aventure Oklö. Un des deux créateurs, Bruno Guittard ingénieur de son état, cherchait un vélo pour emmener ses enfants à l’école. Il trouve les vélos cargo beaucoup trop encombrants et manquant de maniabilité. Quant aux remorques, elles ont les mêmes limites et en prime elles placent souvent les enfants très bas c’est-à-dire à la hauteur des échappements des voitures. C’est donc associé à Bruno Chériaux, « vélotafeur » engagé, qu’il crée la marque Oklö pour développer des vélos offrant un bon compromis entre modèle classique et vélo cargo. Aujourd’hui la gamme passe à l’électrique, alors faut-il craquer pour l’Utiléö ? C’est ce que nous allons voir.

8/10

Oklö Utiléö

Chic et pratique

2 330€  Oklö
On aime
  • Assemblage et fabrication de certains éléments effectués en France
  • Design unique
  • Équipement complet
  • Accessoires bien pensés et catalogue d’options complet
  • Maniabilité préservée
On n'aime pas
  • Freinage moyen
  • Poids
Verdict

Avec son Utiléö, Oklö réussit son pari : proposer à une cible citadine une solution avec une bonne capacité de chargement sans aller jusqu’au vélo cargo encombrant et onéreux. Très réussi sur le plan esthétique avec son cadre blanc et les pièces en bois vernis de son plateau, ce VAE répondra certainement à toutes les attentes de son futur utilisateur. Son prix demeure plutôt raisonnable compte tenu de son équipement complet et de son assemblage soigné qui a été effectué en France.

Cadre Aluminium
Suspension fourche avant en acier
Roues 26 pouces
Pneus Schwalbe Marathon 26 x 2,0
Freinage Tambours Shimano Roller Brake C6000
Transmission Shimano Nexus 3 vitesses
Motorisation Moteur central Bafang BBS01 250 W 80 Nm
Batterie 317 Wh
Autonomie annoncée NC
Poids 29,2 kg sans accessoire
Fiche technique

Oui, pour sa fibre française

Si inévitablement certains éléments proviennent d’Asie comme le cadre (qui est cependant conçu et fabriqué exclusivement pour nos petits frenchies), ou encore la transmission Shimano, Oklö entend intégrer un maximum d’éléments en France ou tout du moins en Europe. Les vélos sont ainsi assemblés à Chavanod près d’Annecy. La structure du bac du transport avant est fabriquée dans la région de Saint-Étienne tout comme les roues. Le bois habillant le plateau provient de châtaignier français et sa construction est 100 % annécienne. Des accessoires proviennent aussi d’Allemagne et d’Italie… Sans tomber dans un chauvinisme borné, nous adorons cette démarche.

Pavés et pentes de Montmartre, voici notre terrain de jeu pour le test de ce VAE
Pavés et pentes de Montmartre, voici notre terrain de jeu pour le test de ce VAE

Oui, pour son concept unique

Nos premiers tours de roue dans les rues parisiennes avec un vélo cargo avaient été plutôt stressants. Il faut quelques heures de conduite (de survie) pour commencer à gérer la longueur de ce type de vélo. Sans oublier leur poids et une inertie logiquement plus importante. Mais avec l’Utiléö nous sommes loin de cela. Il s’agit d’un vélo à assistance électrique (VAE) de ville à cadre ouvert à la géométrie spécifique. Par exemple, il se contente de « petites roues » de 26 pouces afin de dégager suffisamment d’espace pour placer à l’avant un plateau de chargement. Celui-ci est habillé de bois vernis, c’est superbe, et propose un volume utile de 45 litres pour une charge de 15 kg.

Notre exemplaire de test était en prime équipé d’une enveloppe intérieure en nylon et de sangles velcro pour solidement arrimer son chargement. Soit 125€ d’accessoires au total. Ce bac permet de transporter une pizza, mais aussi un pack d’eau ou encore un gros sac à dos… tout en conservant une excellente maniabilité. Une qualité indispensable pour se faufiler entre les voitures et les plots protégeant l’entrée de certaines pistes cyclables. De plus, il dispose à l’arrière d’un robuste porte-bagages qui permet d’accroître encore la capacité d’emport du vélo, ou encore de fixer un porte-bébé.

En option, il est possible d'opter pour un habillage du plateau de chargement ainsi que des velcros pour maintenir le chargement
En option, il est possible d'opter pour un habillage du plateau de chargement ainsi que des velcros pour maintenir le chargement

Oui, pour sa qualité de fabrication et son design

La belle robe blanche de ce VAE agrémentée du logo rouge de la marque aux consonances scandinaves fait tourner bien des têtes. Même chose pour la partie en bois autour du plateau de chargement. Là aussi, les détails sont soignés comme la marque Oklö discrètement pyrogravée dans le bois de châtaignier. Cette touche « végétales » est un vrai plus pour le design général de l’Utiléö. Les soudures du cadre sont régulières et l’ensemble dégage une indéniable impression de robustesse.

En se rapprochant, on constate que les câbles passent à l’extérieur du cadre contrairement à certains modèles plus onéreux, et spécifiquement élaborés pour l’électrique. Pour autant, leur organisation est cohérente. Ils sont solidement fixés et bénéficient de gaines isolantes pour les mettre à l’abri des intempéries.

Voilà de quoi ralentir les voleurs amateurs
Voilà de quoi ralentir les voleurs amateurs

Oui et non, pour un équipement de qualité, mais pas toujours cohérent

L’Utiléö est fourni avec tous les équipements nécessaires pour une pratique urbaine sereine. On trouve tout d’abord des feux avant et arrière alimentés par la batterie du groupe motopropulseur. Petit conseil au passage : à l’instar des motos et autres scooters, nous vous conseillons de rouler de jour comme de nuit avec ces feux allumés.

Ensuite, le cycliste sera bien protégé des projections grâce à des garde-boue enveloppants qui sont en prime agrémentés de petites bavettes. Une béquille latérale est aussi de la partie tout comme un système de blocage de la roue arrière pour une protection contre le vol. Il s’agit d’une mâchoire Axa Solid Plus qui s’appuie sur un arceau de 8,5 mm de diamètre en acier trempé. Même si cela ne remplace pas une solide chaîne attachée à un point fixe, cela peut rebuter les voleurs amateurs qui préféreront toujours la simplicité. Décidément très bien équipé, l’Utiléö dispose en sus de poignées ergonomiques en liège plutôt confortable, d’une sonnette et d’un petit rétroviseur optionnel. Autre option dont notre vélo est équipé, un porte-bidon judicieusement placé à l’arrière du plateau de charge afin d’être à portée de main en roulant.

L'éclairage, tout simplement indispensable !
L'éclairage, tout simplement indispensable !

Malgré tout, quelques petits bémols viennent légèrement entacher ce bilan très positif. Commençons par la selle. De belle facture, elle présente un profit plutôt sportif que notre fessier élevé à la dure à plutôt apprécié. Cependant, certains utilisateurs, et utilisatrices, pourraient préférer une selle plus large et souple. D’une manière générale, ce n’est pas le vélo le plus confortable que nous ayons essayé. Point de suspension avant par exemple ou de pneus larges.

Notez au passage que les Schwalbe de 26 x 2,0 pouces se sont montrés convaincants en matière de motricité et de tenue de route. Il est possible d’améliorer le confort global du vélo en puisant dans le catalogue d’options de la marque qui propose ainsi une tige de selle suspendue pour 70 €. Ce dernier propose aussi un éclairage deux fois plus puissant, ou encore une béquille centrale (une solution parfaite pour charger confortablement le vélo).

La selle est plutôt confortable mais certains utilisateurs pourraient préférer un profil plus large
La selle est plutôt confortable mais certains utilisateurs pourraient préférer un profil plus large

Oui, pour un duo moteur / transmission simple et efficace

Oklö a retenu un moteur central, un bon point pour la répartition des masses, signé Bafang, une marque chinoise qui propose de nombreuses solutions de qualité. Il s’agit plus précisément du BBS01B qui affiche une puissance de 250 W et un impressionnant couple de 80 Nm. Ce choix semble parfait puisqu’il peut être mis en place, sans trop de modifications, sur le cadre d’un vélo musculaire. D’ailleurs, enlevez le à l’Utiléö électrique et il redevient l’Utilö dans sa version musculaire.

Le moteur Bafang s'adapte à tous les vélos puisqu'il vient se fixer directement sur l'axe de pédalier
Le moteur Bafang s'adapte à tous les vélos puisqu'il vient se fixer directement sur l'axe de pédalier

La batterie amovible, mais qui peut aussi être rechargée lorsqu’elle est en place au-dessus de la roue arrière, affiche une capacité de 300 Wh pour un temps de charge de 5 heures. Il est possible d’opter pour un modèle de plus forte capacité : 400 Wh (+ 160 €) ou 500 Wh (+360 €). Bien entendu, difficile d’estimer précisément l’autonomie d’un tel engin. Elle dépend de nombreux paramètres. Sachez que dans les rues parisiennes et quelques traversées de Montmartre, nous avons pu parcourir 40 km avant d’atteindre la dernière barrette à l’écran.

Le bloc de commandes est directement sous le pouce
Le bloc de commandes est directement sous le pouce

Cette motorisation se pilote au travers d’un bloc de commandes placé à gauche. Il permet d’activer le moteur, de changer le mode d’assistance (5 au total), d’allumer l’éclairage et de faire défiler les informations sur l’écran LCD. Celui-ci prend place au centre du guidon. Comme souvent sur les productions chinoises, il y a une véritable profusion d’informations. On dispose même de la température extérieure et l’écran est bien lisible.

L'écran affiche de nombreuses informations
L'écran affiche de nombreuses informations

À droite, nous trouvons la commande pivotante de la transmission. Oklö a opté pour un moyeu Shimano Nexus intégrant trois vitesses. Cela peut sembler peu, mais dans le cadre d’une utilisation purement citadine où la simplicité d’utilisation et d’entretien est primordiale, c’est cohérent. D’un fonctionnement particulièrement doux, cette transmission permet de s’affranchir sans transpirer de tous les parcours urbains. Pourquoi alors multiplier le nombre de vitesses ? Certes forcément nous avons pu parfois nous sentir entre deux vitesses, mais l’assistance électrique permet de passer outre avec une certaine aisance. Le moteur Bafang se montre puissance et coupleux mais il fait preuve d’une douceur de fonctionnement très agréable. Vous l’aurez compris, l’Utiléö se conduit plus au train que comme une brute.

Cette commande pivotante permet de choisir parmi les 3 vitesses proposées par le moyeu Nexus
Cette commande pivotante permet de choisir parmi les 3 vitesses proposées par le moyeu Nexus

Oui, pour une maniabilité globalement conservée

À la conduite, le poids du vélo (presque 30 kg à vide) se fait sentir lorsqu’il s’agit de le manœuvrer en le poussant. Monter un trottoir un peu haut et a fortiori quelques marches réclame une certaine force. Une fois dans la circulation, les premiers mètres réclament un peu d’adaptation. Rouler sans voir sa roue avant ne semble pas très naturel à vélo et on a l’impression de perdre sa capacité à se glisser entre… les piétons qui squattent la piste cyclable du Boulevard Magenta. Dans les faits, cela passe très bien, mais il faut simplement s’habituer à cela ainsi qu’au gabarit un peu supérieur à la moyenne de l’Utiléö.

Second élément un peu perturbant, pour notre test nous avons placé notre sac photo habituel dans le panier avant, soit 8 kg de plus. Simplement posé, ce sac provoque un léger effet de ballant, plus désagréable que réellement dangereux. Pour réduire considérablement ce petit désagrément, il suffit de le fixer avec les sangles optionnelles. Attention lorsque le VAE est chargé à l’avant, il devient très difficile de délester la roue pour franchir le bateau d’un trottoir par exemple.

Oui et non, pour un freinage facile à doser, mais manquant de puissance

Pour le freinage, le constructeur savoyard a retenu une solution originale : un système Shimano Roller Brake. De prime abord, on pourrait croire qu’on a affaire à des freins à disque, mais en réalité il n’en est rien. Les cercles en aluminium que l’on remarque ne sont en réalité que des disques de refroidissement pour le système de freinage qu’il encercle.

Il s’agit en réalité de freins à tambour qui s’appuient sur des cames et des rouleaux. Sous l’action du levier de frein, ceux-ci vont pousser des plaquettes de frein contre la surface intérieure du tambour qui tourne avec la roue. Ce système réclame très peu d’entretien, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car seuls les cyclistes les plus bricoleurs pourront le réaliser eux-mêmes. Fonctionnant dans un environnement clos, Shimano intègre ainsi plusieurs joints d’étanchéité, leur fonctionnement demeure constant, y compris sous la pluie. En pratique, cela donne quoi ?

Simple d'entretien et très progressifs, les freins à tambour Shimano manquent un peu de puissance
Simple d'entretien et très progressifs, les freins à tambour Shimano manquent un peu de puissance

Le freinage se fait tout en douceur avec une très grande progressivité. Mais avec le poids du vélo, de son passager et de son éventuel chargement, les Shimano Roller Brake peuvent manquer un peu de puissance. Avec une conduite un peu sportive (OK avouons que le vélo n’est pas vraiment fait pour cela), nous nous sommes fait surprendre à l’issue d’une descente dans les petites rues de Montmartre. Nous apprécions plutôt les freins puissants voire brutaux mais il est évident que la progressivité des freins Shimano sera appréciée de nombreux utilisateurs adeptes d’une conduite plus coulée.


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