Bien choisir son vélo à assistance électrique

Pour la ville, la montagne, en balade ou pour aller travailler. Voici toutes les clefs pour bien choisir son vélo à assistance électrique (VAE).

par Emmanuel Armanet 12 Sep 2018 10:00

Avec un VAE, à vous la liberté !
Avec un VAE, à vous la liberté !

Avant d’aller plus loin, il convient d’avoir conscience d’une chose : un vélo, qu’il soit électrique ou musculaire, ne peut exceller dans tous les domaines, sur tous les terrains. Les contraintes diffèrent totalement entre un vélo destiné à rouler en ville, sur les routes, sur les sentiers de nos campagnes et sur ceux des montagnes.

Avant tout, il faudra donc choisir la pratique qui est la vôtre ou tout du moins le terrain dans lequel votre futur vélo devra principalement évoluer. Autre élément incontournable, la douloureuse… le prix. En effet, les tarifs se placent aujourd’hui dans un champ très large avec des différences pas toujours justifiées. De plus, même si vous avez les moyens, inutile d’investir 5 ou 6000 euros dans un VTTAE qui ne verra la poussière des chemins alpins qu’une ou deux fois par an. Voici à nos yeux les deux éléments les plus importants, mais il y a bien d’autres critères à prendre en compte lorsque le moment du choix est venu.

L'offre en matière de VAE est largement développée aujourd'hui. Autant faire d'emblée le bon choix
L'offre en matière de VAE est largement développée aujourd'hui. Autant faire d'emblée le bon choix

Vélo à assistance électrique, ça veut dire quoi ?

Nous parlerons dans cet article de vélos à assistance électrique et non véhicules électriques. Nos VAE ressemblent à un vélo musculaire non seulement par leur design et leur architecture globale, mais aussi dans leur principe de fonctionnement. En effet, le moteur entre en action uniquement lorsque l’utilisateur pédale. Sans cela, l’assistance n’intervient pas avec une petite subtilité : certains systèmes possèdent un mode piéton qui intervient entre 0 et 6 km/h pour aider la progression lorsqu’il s’agit de pousser le vélo en marchant à ses côtés. Voici pour la législation française, car dans certains pays des vélos peuvent présenter une gâchette ou une poignée d’accélérateur qu’il suffit d’actionner pour mettre en branle la fée électricité.

Un VAE n'est pas une moto. Une action de pédalage est nécessaire pour que le moteur électrique fonctionne
Un VAE n'est pas une moto. Une action de pédalage est nécessaire pour que le moteur électrique fonctionne

L’assistance électrique se mesure par une donnée appelée niveau d’assistance exprimé le plus souvent sous la forme d’un pourcentage. Il varie en fonction du mode choisi, car toutes les motorisations en proposent au minimum 3. Le niveau d’assistance est le pourcentage de force en plus apporté par le moteur électrique par rapport à un pédalage purement musculaire. Le niveau d’assistance est proportionnel à l’effort du cycliste. Prenons le cas d’un moteur Bosch Performance Line. Selon le mode choisi, le niveau d’assistance varie entre 50 % (mode Eco) et 275 % (Turbo).

Un moteur électrique de VAE se distingue aussi par le couple qu’il peut générer. Le couple est exprimé quant à lui en Nm (Newton Mètre). Cette donnée correspond pour simplifier les choses à la capacité d’accélération de la motorisation.

Quelle que soit la motorisation choisie, le vélo peut être assisté électriquement jusqu’à 25 km/h avec un moteur d’une puissance maximale de 250 W. Il est possible de dépasser cette vitesse, mais pour cela il ne faudra compter que sur vos jambes. Ces modèles sont assimilés à des vélos comme les autres : le port du casque n’est pas obligatoire (quoique nous le recommandons fortement), il est possible d’emprunter les pistes cyclables…

Il existe par ailleurs une seconde catégorie de VAE que l’on peut trouver souvent sous le nom de « Speed Bike ». Le principe demeure le même, mais l’assistance électrique est désormais active jusqu’à 45 km/h. Mais avec une telle vitesse qui peut être atteinte sans être un grand sportif, ce type de vélo se rapproche du point de vue de la loi plus d’un vélomoteur de 50 cm3. Un speedbike doit ainsi être immatriculé et assuré. D’autres aménagements techniques sont obligatoires : éclairage, feu-stop, rétroviseur… Pour les règles de circulation, tout change ou presque. Impossible de rouler sur les pistes cyclables ou de passer les feux rouges autorisés par panneau à Paris par exemple. Le port du casque est obligatoire et celui-ci doit être homologué pour les speedbikes.

La rolls des VAE, les Speedbikes dont l'assistance électrique fonctionne jusqu'à 45 km/h
La rolls des VAE, les Speedbikes dont l'assistance électrique fonctionne jusqu'à 45 km/h

Quels sont les différents types de motorisation ?

Nous pouvons tout d’abord différencier deux grands types de motorisation électrique : les moteurs qui viennent se placer dans le moyeu de la roue arrière (et très rarement de la roue avant) et les moteurs dits centraux qui sont installés près de l’axe de pédalier. Les premiers sont souvent l’apanage des vélos urbains les moins chers. Ils viennent majoritairement de Chine et résistent moins aux intrusions de l’eau et de la boue. Leur gestion d’assistance est moins sophistiquée avec un côté un peu plus on/off. Les moteurs centraux sont optimaux pour l’équilibrage des masses. Leur position basse abaisse le centre de gravité du vélo améliorant ainsi sa stabilité. C’est la solution retenue par les grandes marques du secteur comme Bosch, Brose, Shimano ou encore Yamaha. Ces motorisations sont des concentrés de technologie avec des gestions fines de leur puissance et de leur couple. Il est même possible de les coupler avec la transmission pour un fonctionnement automatique.

Une plateforme de motorisation n’est pas que le moteur, c’est un ensemble composé de celui-ci bien entendu, mais aussi d’une batterie, d’un système de commande au guidon doté ou non d’un écran LCD et de différents capteurs.

Une plateforme de motorisation est un ensemble de composants résolument high-tech
Une plateforme de motorisation est un ensemble de composants résolument high-tech

Quels sont les différents types de batteries ?

Les modèles les moins onéreux peuvent encore embarquer des batteries d’ancienne génération type plomb (c’est très rare) ou NiMH. Ces batteries sont plus lourdes que les modèles au Lithium et affichent un effet mémoire nettement plus prononcé. De plus elles supportent un nombre de cycles de décharge/recharge moins important. En clair, elles vieillissent mal et sont donc à éviter. Une batterie se caractérise par sa capacité qui est exprimée en Wh, une donnée qui influence directement l’autonomie de votre futur VAE. Elle varie généralement entre 300 et 500 Wh. L’autonomie est donnée à titre indicatif, car, outre la capacité de la batterie, elle est influencée par de très nombreux paramètres : poids du pilote, type de conduite, dénivelé…

Avec les VAE modernes, oubliez les batteries au plomb pesant plus de 10 kg
Avec les VAE modernes, oubliez les batteries au plomb pesant plus de 10 kg

Si vous écumez les catalogues, vous serez sans doute surpris par la mention qui est souvent faite de la marque des cellules à l’intérieur de la batterie. Les cellules sont les éléments dans lesquelles l’énergie est stockée, des sorties de piles rechargeables. La batterie comprend outre lesdites cellules une coque en plastique, une carte électronique accueillant des contrôleurs, des sondes de température… La qualité des cellules est donc gage de durabilité et de fiabilité. Généralement, les batteries de grande qualité s’appuient sur des cellules fournies par Samsung ou Panasonic.

Notez au passage que certains fabricants de moteur imposent leur propre batterie. C’est le cas notamment de Bosch. La marque allemande justifie cette contrainte par sa volonté d’offrir aux consommateurs une expérience optimale.

La batterie de votre futur VAE est constituée de cellules, des sortes de piles rechargeables
La batterie de votre futur VAE est constituée de cellules, des sortes de piles rechargeables

Les batteries peuvent être « accrochées » au tube diagonal du vélo ou au niveau du porte-bagages. Depuis quelques mois, une nouvelle tendance fait son apparition, celle de l’intégration. En clair, la batterie s’insère dans le cadre du vélo : grand gagnant de l’opération le design. Les batteries de qualité sont des éléments robustes. Pour prolonger leur durée de vie, n’attendez pas, si possible, qu’elles soient totalement déchargées pour les recharger sur le secteur. Ne les laissez pas dormir dehors par grand froid et évitez de les recharger dans un espace trop chaud ou trop froid. Enfin bien que la plupart des batteries intègrent des contrôleurs électroniques empêchant surtensions et surcharges, l’utilisation du chargeur secteur fourni est fortement recommandée.

Bosch propose des batteries externes et intégrées
Bosch propose des batteries externes et intégrées

Un vélo pour quel usage ?

Première question à se poser après ce petit préambule, dans quel environnement mon futur vélo électrique sera-t-il amené à évoluer principalement ? S’il s’agit de la ville uniquement, vous devrez prendre en compte plusieurs éléments. Le vélo devra être compatible avec votre logement, car le vol est une triste réalité. S’il doit dormir dehors, un conseil n’investissez pas dans un modèle haut de gamme et n’hésitez pas à acquérir plusieurs dispositifs antivol mécaniques afin de fixer l’engin à un point fixe. Le voleur est quelqu’un de pressé, il choisit toujours la facilité et ira donc prioritairement vers le deux-roues le moins protégé.

Quelle assurance pour les vélos et autres véhicules électriques urbains ?
Le vol est un véritable fléau, surtout en ville
Le vol est un véritable fléau, surtout en ville

De plus, pensez à choisir un modèle dont la batterie est facilement amovible, car il est très rarement possible de monter votre destrier dans votre appartement pour le recharger. Les VAE sont plus lourds que les modèles classiques et les ascenseurs parisiens sont souvent trop petits pour les accueillir par exempl. C’est même parfois le cas de certaines cages d’escalier. De plus, les vélos circulant en ville traînent leurs pneus dans des endroits peu hygiéniques ce qui n’est pas franchement recommandé pour votre parquet ou votre moquette surtout si vous avez un enfant en bas âge. Certains règlements intérieurs de copropriété interdisent tout simplement de monter son vélo ou encore de le stocker sur un balcon. Si votre immeuble possède un local à vélo, celui-ci est rarement équipé d’une prise de courant à disposition d’où la nécessité d’avoir là aussi une batterie qui puisse être ôtée du vélo sans trop de manipulations. Si votre vélo peut malgré tout être monté chez vous, vous pouvez opter pour un modèle pliant et/ou compact. Un bon choix si vos parcours de prédilection, pour aller au travail notamment, sont multimodaux c’est-à-dire que vous allez alterner le vélo et les transports en commun. Attention alors au règlement, RER et Transiliens parisiens par exemple interdisent les vélos durant les heures de pointe

Les vélos sont rarement les bienvenus dans les transports en commun français
Les vélos sont rarement les bienvenus dans les transports en commun français

Un vélo de ville est souvent utilisé pour aller au travail. Pour pouvoir l’utiliser sans arrière-pensée avec vos vêtements usuels, et non une tenue spécifique, quelques équipements semblent indispensables : garde-boue, couvre chaîne pour éviter de salir ses vêtements ou mieux encore une transmission par courroie, porte-bagages et éventuellement des sacoches de préférence amovibles… Le sac à dos est pratique, mais il provoque irrémédiablement, et même l’hiver, de la transpiration dans le dos. Pour votre sécurité, veillez à soigner l’éclairage avant et arrière, un gilet jaune n’est pas superflu. Pour les parcours urbains, 7 ou 8 vitesses suffisent largement. Vous trouverez fréquemment un classique système de cassette avec un dérailleur. Du classique et de l’éprouvé, mais qui réclame un minimum d’entretien. Des vélos plus haut de gamme peuvent utiliser un moyeu à vitesse intégré comme l’excellent système Shimano Nexus. L’entretien est quasi nul et le fonctionnement très onctueux.

Le VanMoof Electrified S est l'exemple même du vélo de ville
Le VanMoof Electrified S est l'exemple même du vélo de ville

Pour sortir un peu des aires strictement urbaines et rallonger les distances au-delà du simple trajet aller-retour domicile/travail qui excède rarement la douzaine de kilomètres, vous pouvez craquer pour un vélo plus sportif, voire pour un vélo de randonnée ou de trekking. Le premier reprend les codes d’un vélo de route communément appelé vélo de course. Le cadre est assez épuré et plutôt rigide afin de transmettre sans déperdition toute votre puissance à la roue arrière. Les pneus sont fins et généralement peu sculptés, attention donc sur une chaussée glissante. Les VAE de ce type sont peu courants encore, mais nul doute que cette catégorie devrait être amenée à se développer assez rapidement avec l’arrivée de moteurs de plus en plus compacts. Les modèles de randonnée ou les VTC pour Vélos Tout Chemin ont des cadres plus massifs et adaptés au transport de charges relativement lourdes. Il dispose pour cela d’un robuste porte-bagages. Ces vélos sont aussi parés pour affronter des chemins caillouteux comme des chemins de halages. Les roues sont un peu plus larges tout comme les pneus qui sont aussi un peu plus sculptés. Chargés, les vélos de randonnée sont plutôt lourds et pour les arrêter, un freinage à disque, si possible hydraulique, est recommandé. Ils doivent être également très confortables : une bonne selle et une fourche télescopique sont aussi des éléments rapidement incontournables.

Orbea propose des VAE de route résolument sportifs et discrets
Orbea propose des VAE de route résolument sportifs et discrets

Autre catégorie de VAE, les VTT. Une catégorie plutôt polymorphe, car elle englobe des vélos à suspension avant uniquement ou tout suspendu (avant et arrière). Et dans les vélos tout suspendus, il y a différents débattements de 100 mm à plus de 150 mm, plus ou moins indiqués en fonction de votre pratique et du type de terrain rencontré. Pour affronter les chemins forestiers comme ceux autour de la région parisienne, un VTTAE bénéficiant simplement d’une suspension à l’avant de 80 à 120 mm suffit largement. Si vous aimez le confort ou plus concrètement vous souffrez du dos, un tout suspendu peut cependant constituer un plus. Un VTT tout suspendu avec des suspensions offrant entre 130 et 150 mm de débattement ne sera pas ridicule sur ce type de terrain, merci l’assistance électrique, mais il vous permettra en sus d’affronter des terrains plus pentus et cassants. Les chemins de montagne s’offrent à vous. Au-delà de 150 mm de débattement, nous trouvons des vélos taillés pour les pratiques dites « gravity » c’est-à-dire des parcours où les descentes sont prépondérantes, des pratiques où le vélo doit absorber de gros chocs. Bien entendu, l’équipement suit l’exigence liée aux terrains rencontrés. Cela concerne notamment les éléments de sécurité comme les freins, la potence ou le cintre qui doivent prendre en compte les vitesses atteintes ainsi que le poids des vélos. Derrière catégorie de vélos tout-terrain, les fatbikes. Il s’agit d’engins dotés de pneus très larges, au-delà de 3 pouces, dont la pression est très faible. Ils peuvent alors affronter des terrains très meubles comme le sable ou la neige.

Croyez-nous, il est possible de beaucoup s'amuser avec un VTTAE !
Croyez-nous, il est possible de beaucoup s'amuser avec un VTTAE !

Quelques conseils encore…

Bien entendu, nous ne vous conseillons pas de craquer systématiquement pour le modèle le plus cher. Il est vrai que celui-ci a toutes les chances d’être le meilleur, mais tout le monde n’a pas un budget « no limit » ou ne souhaite pas dépenser des fortunes pour son futur VAE, car la facture peut rapidement dépasser les 3 500 euros. Cependant, opter pour une grande marque présente de sérieux avantages à moyen et à long terme. En effet, certains vélos très attractifs sur le plan pécuniaire sont en réalité de mauvaises affaires, car il est rapidement très difficile de trouver des pièces détachées. En cas de panne, le niveau de garantie n’est pas le même et il faudra parfois batailler pour obtenir satisfaction.

Un VAE s’entretient comme un vélo classique : cadre, périphériques, freinage et une partie de la transmission sont identiques ou très proches. Cependant, avec l’assistance électrique, quelques pièces vont s’user plus vite. C’est le cas par exemple de la transmission (chaîne, pignon, plateau…) qui doit subir un couple plus important et plus constant que sur un musculaire. Autre élément à surveiller de près, le système de freinage. Les freins d’un VAE sont très sollicités, car le vélo est plus lourd et vous aurez tendance à aller plus vite avec lui. La partie électrique réclame peu d’entretien au-delà d’un nettoyage régulier. Les autres opérations devront être confiées à un professionnel.

Un VAE réclame un entretien rigoureux
Un VAE réclame un entretien rigoureux

Si vous êtes prêt à sauter le pas, sachez que l’état propose une prime régie par le décret n° 2017-1851. Pour en bénéficier, il ne faut pas être assujetti à l’impôt sur le revenu l’année précédant l’acquisition de votre VAE et ne pas cumuler la prime nationale avec une éventuelle autre prime offerte par votre commune ou une autre collectivité locale. Le montant de la prime sera au maximum de 200 euros et ne pourra pas dépasser 20 % du prix du VAE. Certaines communes peuvent aussi proposer des aides à ses administrés. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie. Par exemple, la ville de Paris propose une prime de 400 euros.

L'état et les collectivités locales proposent un certain nombre d'aides au financement de votre VAE
L'état et les collectivités locales proposent un certain nombre d'aides au financement de votre VAE

Quant à la question de savoir où faut-il mieux acheter son vélo électrique nous ne referons pas ici le traditionnel débat boutiques physiques vs boutiques en ligne. Aujourd’hui, il est possible de trouver des commerces traditionnels et en ligne spécialisés dans les véhicules électriques avec de bons conseils et un service après-vente efficace. Un conseil cependant, évitez les marketplaces (des boutiques indépendantes hébergées sur des sites plus importants afin d’obtenir davantage de visibilité) des grandes enseignes généralistes, car les choses deviennent très compliquées en cas de problème.

Les meilleurs vélos électriques pour aller travailler
Les meilleurs vélos électriques pliants pour la ville

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

A lire aussi